Longtemps, nous n'avons quasiment rien compris au marché de l'uranium. Même lorsque Cameco, le plus grand producteur occidental, a fermé McArthur River, en 2018, en raison de la faiblesse des cours, ceux-ci sont restés très bas. D'autres producteurs ont eux aussi décidé de fermer leurs sites ou d'en suspendre l'activité au motif que le prix du minerai destiné aux centrales nucléaires était inférieur au coût de production.
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Longtemps, nous n'avons quasiment rien compris au marché de l'uranium. Même lorsque Cameco, le plus grand producteur occidental, a fermé McArthur River, en 2018, en raison de la faiblesse des cours, ceux-ci sont restés très bas. D'autres producteurs ont eux aussi décidé de fermer leurs sites ou d'en suspendre l'activité au motif que le prix du minerai destiné aux centrales nucléaires était inférieur au coût de production. La défiance qui a suivi la catastrophe de Fukushima a persisté longtemps. Les réacteurs du monde entier ont continué à fonctionner en partie grâce aux stocks, en partie grâce au minerai issu de la production ralentie, sans que les compagnies d'électricité ne s'en émeuvent. Avant Fukushima, l'uranium (U3O8) s'échangeait à 70 dollars la livre, un prix qui a plongé à 20-30 dollars dans les années 2017-2020. Jusqu'à ce que le spécialiste américain des matières premières Sprott Asset Management reprenne la gestion d'Uranium Participation Corp, le plus grand investisseur en uranium physique du monde, rebaptisé à cette occasion Sprott Physical Uranium Trust (ticker: SPUT). Le trust, qui bénéficie d'un statut fiscal favorable à l'investisseur américain, a en effet changé la donne l'été dernier grâce à des programmes spéciaux d'émission d'actions, appelés ATM; ce qui a permis au cours de l'uranium de repasser au-delà des 50 dollars. En rappelant brutalement à notre bon souvenir la question de l'indépendance énergétique, l'invasion de l'Ukraine a fait le reste. La décision belge de maintenir les deux centrales les plus récentes ouvertes pendant 10 années de plus montre bien que l'énergie nucléaire sera une des grandes gagnantes de cette guerre.Cet argument structurel restera valable même lorsque le conflit s'achèvera. Celui du changement climatique en est un autre. Pour que la société soit décarbonée d'ici à 2050, l'Agence internationale de l'énergie compte sur une contribution significative du nucléaire. Sur l'éolien et le solaire aussi, bien sûr, mais une source stable restera nécessaire, et le nucléaire est la technologie la plus durable qui réponde à ce critère.Le monde recense actuellement entre 450 et 500 réacteurs actifs. Rien que si les projets chinois se réalisent, ce nombre bondira de 30% au cours des prochaines décennies. Pour convaincre plus de producteurs d'ouvrir ou de rouvrir des mines, les prix vont devoir dépasser les 50-60 dollars la livre. Cameco entend rouvrir McArthur River d'ici 2024.Le marché de l'uranium sera donc haussier pendant plusieurs années. Sprott Physical Uranium Trust et YellowCake permettent de surfer sur les mouvements des cours, les trackers Sprott Uranium Miners (URNMXA) et GlobalX Uranium ETF (URA), de miser sur les principaux acteurs du secteur. Parmi les actions individuelles, épinglons Cameco, NexGen Energy (lire notre analyse récente), Uranium Energy, Denison Mines, Fission Uranium ou Encore Energy.