Tout sur Wall Street

Les Bourses européennes sont longtemps restées dans l'ombre de leurs pendantes américaines, mais une rotation est en train de s'opérer. Les prochaines échéances électorales pourraient toutefois venir compromettre la conjoncture favorable dont profite le Vieux Continent.

Après une hausse vigoureuse et soutenue du marché boursier, seuls les ouvrages qui continuent à prévoir une progression spectaculaire peuvent à l'évidence devenir des "best-sellers".

Lorsque les investisseurs courent derrière des actions aux cours complètement décorrélés de la réalité, une bulle se crée puis se dégonfle, après quoi plusieurs décennies peuvent s'écouler avant que l'indice ne signe un nouveau record. Le franchissement récent du seuil des 30.000 points par le Nikkei en est un exemple.

Comme souvent, les écarts s'expliquent surtout par l'évolution des résultats des entreprises. Les résultats d'exploitation américains continuent d'évoluer d'une manière particulièrement favorable alors qu'en Europe, les chiffres sont généralement décevants.

Nous pensons que les marchés d'actions se porteront un peu mieux au cours des prochains mois que durant la première partie de l'année.

L'effondrement des marchés boursiers au début du mois de février est pour nous un premier avertissement, davantage que l'amorce d'un krach boursier généralisé. A notre avis, l'indice Standard & Poor's 500 s'appréciera de 10 à 15% encore cette année, avant de corriger. Les Bourses européennes devraient connaître une évolution similaire (+10%).

Plusieurs éléments suggèrent qu'en cours d'année nous assisterons sur les marchés boursiers à un repli plus sensible que le mini-krach survenu récemment. C'est pourquoi le temps est compté pour l'investisseur désireux d'acheter des actions.

Nul besoin d'être devin pour prévoir que les bénéfices, tant américains qu'européens, confirmeront l'excellente santé de l'économie mondiale. Pour 2017, la croissance des sociétés belges cotées pourrait être proche de 15%, même si les divergences seront importantes.

Dans le thème Vieillissement de la population, nous sommes confrontés à un problème "de luxe": celui causé par les extraordinaires hausses de cours d'Ablynx et d'Argen-x, dont le poids s'est dès lors sensiblement accru. Nous croyons toujours à leur potentiel mais pourrions décider de procéder à un réaménagement dans les semaines qui viennent.

Elle s'est fait attendre plus longtemps que prévu, mais la correction que nous annoncions depuis quelque temps semble finalement s'être amorcée. Sept séances consécutives de baisse de la Bourse de Bruxelles, voilà un scénario qui ne s'était pas produit depuis longtemps (trois ans, pour l'indice Bel 20).

Malgré la relance économique en zone euro, la Banque centrale européenne maintient sa politique monétaire accommodante. Elle n'entend pas relever les taux d'intérêt avant 2019.

La valeur boursière de Tesla avait déjà dépassé celle de Ford au trimestre passé, et après l'ascension de ces dernières semaines, le producteur de voitures électriques vaut plus que General Motors. Cela peut sembler absurde si l'on ne considère que le nombre de véhicules vendus. Cette ascension est le résultat de la perception positive du marché.

La valeur des actions américaines continue de grimper. Cela fait déjà 97 mois que Wall Street connaît une hausse ininterrompue. Dans l'histoire, on n'a assisté à une telle progression qu'une fois : elle avait duré 98 mois, jusqu'à la dégringolade d'octobre 1929. "La hausse boursière est mature", prévient et explique Danny Reweghs, analyste financier.

Rien ne laissait présager, le 9 mars 2009, que nous avions amorcé la troisième hausse la plus longue de l'histoire à Wall Street depuis 1900. Car nonante mois ou sept ans et demi plus tard, la tendance haussière est toujours intacte.

Choisir entre Clinton ou Trump, c'est opter pour le statu quo ou pour le changement. La date du 8 novembre, à laquelle les Américains choisiront leur nouveau président, sera cruciale pour les marchés financiers.

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