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Pour la première fois depuis sa cotation, Inditex ne sera pas en mesure d'augmenter son chiffre d'affaires et ses bénéfices sur l'exercice. La direction reste indubitablement efficace et le modèle d'entreprise n'est pas remis en question. L'action redevient intéressante.

L'assiette de coûts demeurant relativement stable, toute augmentation du chiffre d'affaires exerce un effet de levier majeur sur les bénéfices du groupe, un principe que l'accroissement des dépenses liées à la sécurité sanitaire des magasins et de la clientèle n'a pas mis en cause.

Au plus fort du confinement, les ménages ont préféré les petits magasins locaux aux grandes surfaces. L'envolée du chiffre d'affaires d'OKay, les boutiques de proximité du groupe, n'a pas pu compenser ce désamour.

Inditex, qui traverse la crise la plus grave de son histoire, n'annoncera pas d'augmentation de son chiffre d'affaires et de son bénéfice, du jamais vu depuis son entrée en Bourse.

Porté par les Etats-Unis et les Pays-Bas, principalement, le distributeur belgo-néerlandais a publié d'excellents résultats annuels pour 2019. Les améliorations apportées en termes d'approvisionnement augurent également un bon cru 2020.

Les résultats du premier semestre de l'exercice 2019-2020 ont relativement peu souffert de la valse des promotions annoncée. Bien qu'il ait continué à investir massivement dans le personnel, Colruyt a su compenser la pression promotionnelle par de meilleures performances opérationnelles.

Au premier trimestre, la croissance de ses ventes n'avait été que de 5%, le chiffre le plus bas en quatre ans. Mais sur les neuf premiers mois de son exercice 2019-2020, Inditex a fait mieux que sur la même période, un an plus tôt.

Le titre Colruyt est pénalisé par son caractère défensif. Dans la lutte qui l'oppose à Amazon, la croissance d'Ahold Delhaize dans l'e-commerce aux Etats-Unis est cruciale. Quant à Carrefour, son plan de transformation doit accélérer sa croissance en France et soutenir le développement de ses ventes en ligne.

Ahold Delhaize va continuer à générer un cash-flow intéressant. Il souffrira même probablement moins que ses concurrents de l'arrivée du néerlandais Jumbo en Belgique en novembre.

Sur les trois premiers mois de l'exercice 2019-2020 (février-avril), Inditex a vu la croissance de son chiffre d'affaires augmenter de 5% en un an. Mais le groupe nous avait habitués à mieux, les trois exercices précédents.

La concurrence dans l'activité Fresh, la longue sécheresse et la contamination à la Listeria dans une usine de surgelés en Hongrie, ont lourdement pesé sur des marges bénéficiaires déjà historiquement faibles. Greenyard a obtenu une dispense sur ses covenants jusque fin mars 2020; selon les analystes, d'ici là, le groupe devra avoir trouvé 70 à 140 millions d'euros supplémentaires.

La fusion entre Ahold et Delhaize est toujours génératrice de synergies, qui devraient atteindre 750 millions de dollars cette année. L'intégralité du cash-flow disponible attendu pour 2019, 1,8 milliard d'euros, devrait être distribuée aux actionnaires.

Pour faire oublier le ralentissement de sa croissance, Inditex a porté le ratio de distribution de 50 à 60%. C'est dès lors un dividende de 0,88 euro brut (+17%!) par action qui sera versé pour l'exercice passé.

Le groupe pourrait être victime de son succès. L'intérêt marqué des investisseurs pour Colruyt a poussé sa valorisation à la hausse, accroissant aussi le risque de correction du cours de l'action.

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