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L'on aurait bien sûr tort de bouder un regain, fût-il temporaire, d'activité, quand il arrive. Le courrier publicitaire, en particulier, a progressé, mais il faut rappeler que le deuxième trimestre de l'an passé s'était inscrit sous le signe du confinement.

Même sans personne à la barre, l'opérateur postal belge signe un excellent premier trimestre. Son avenir semble radieux. Deux constructions nous permettent de profiter de la hausse attendue.

Les bénéfices de l'activité courrier traditionnelle vont continuer à souffrir du désamour à l'égard du papier. Mais si bpost parvient à rentabiliser l'acheminement des colis, y compris lorsque les volumes sont élevés, les dérapages comme ceux constatés au quatrième trimestre appartiendront au passé.

Qui donc pourrait se jeter à l'eau à la place de Jean-Paul Van Avermaet? Il est vraisemblable que l'Etat fasse le choix du consensus politique, au détriment de l'intégrité et de la compétence. De toute façon, le temps joue en faveur de notre "put".

L'entreprise n'a à l'évidence pas été en mesure d'absorber les surcroîts de volumes de colis d'une manière aussi rentable qu'au quatrième trimestre de 2019. Malgré la nette augmentation du chiffre d'affaires des activités logistiques tant au Benelux qu'en Europe, le bénéfice opérationnel supplémentaire ne dépasse pas 8,6 millions d'euros.

Contre toute attente, la pandémie a également soutenu l'envoi de courrier classique - faute de mieux, les gens se sont échangé énormément de cartes de voeux en décembre. Les synergies issues de l'acquisition de Sandd, son concurrent, ont elles aussi soutenu les résultats de PostNL.

Le trafic postal traditionnel souffre certes de la conjoncture économique, mais la percée définitive et la croissance fulgurante du commerce en ligne ont fait bondir le nombre de colis à expédier, dont les volumes se sont envolés d'un quart au deuxième trimestre et de 15% sur les neuf premiers mois de l'année. PostNL est, comme Adidas, soumis à la même analyse hier (lire ici), l'un de nos 10 favoris pour 2021.

Bien que l'impact financier du rançongiciel sur Radial ne puisse encore être estimé avec précision et que la prévisibilité sur le dernier trimestre soit réduite en raison de la nouvelle vague de Covid-19, le bénéfice opérationnel ajusté de bpost devrait s'établir à 270 millions d'euros au bas mot, en 2020.

Excellente nouvelle pour l'actionnaire: le bénéfice du pôle logistique a crû nettement plus rapidement que celui du trafic postal n'a reculé. Ainsi vont les choses désormais; le changement structurel du comportement d'achat des consommateurs est une vraie bénédiction pour les entreprises de livraison.

Lorsque la crise sera derrière nous et que la vie reprendra un cours à peu près normal, le courrier redeviendra, pour un temps, le plus grand contributeur au bénéfice de l'entreprise. Mais l'accélération structurelle de l'envoi de colis est irréversible.

Pour bpost aussi, la crise du coronavirus entraîne une amère désillusion: si en février, le groupe postal comptait encore sur un bénéfice d'exploitation de 240 à 270 millions d'euros, la direction ne se risque aujourd'hui plus à aucune estimation pour l'exercice courant. Car cette crise, dont la durée est impossible à déterminer, pèse lourdement sur les résultats.

PostNL souffre de l'érosion de la confiance des consommateurs et du ralentissement de la croissance des marchés virtuels matures. Le rachat de Sandd devrait lui permettre de développer des synergies et d'accroître son bénéfice opérationnel d'ici à 2022.

Le groupe postal belge est confronté à la baisse du trafic postal traditionnel et table sur les colis et la logistique, aux Etats-Unis, pour stabiliser les résultats. Du pain sur la planche pour le nouveau CEO, dont le nom a récemment été dévoilé.

L'organe de surveillance néerlandais du secteur s'y était opposé, la secrétaire d'Etat néerlandaise aux Affaires économiques l'a approuvée fin septembre: la fusion de PostNL et Sandd aura lieu. Sous conditions.

Face à la baisse du trafic postal traditionnel, qui s'accélère, bpost doit se réinventer, car la division courrier pèse lourd dans les résultats du groupe. Les colis, tant en Europe et en Asie qu'aux Etats-Unis, seront les principaux moteurs du groupe.

La distribution de courrier traditionnel, sa plus grande activité, décevant toujours, l'entreprise postale belge essaie de se redéfinir pour présenter, à terme, des résultats meilleurs à l'horizon 2020.

L'endettement net de l'entreprise postale néerlandaise est maîtrisable, mais les cash-flows disponibles sont négatifs, en raison notamment d'un lourd programme d'investissements.

Si l'entreprise est rachetée à terme, nous serons en première ligne pour profiter de la hausse attendue, puisque nous avions acheté le call juin 2018. Dans l'intervalle, on peut aussi, par l'émission d'un put, profiter de plusieurs mois de calme.

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