Tout sur Industrie automobile

Les crédits d'émission ont rapporté 518 millions de dollars au groupe, au premier trimestre de 2021. Ces revenus devraient cependant se tarir à partir de 2022, comme la croissance du chiffre d'affaires global, de l'avis des analystes.

Les ventes de voitures entièrement électriques ont bondi de 110% en Europe l'an passé, un résultat pas si extraordinaire qu'il n'y paraît: aucun véhicule électrique ou presque ne s'était écoulé avant 2020 et l'offre, du reste, était rare. Plus étonnant: la part de marché des véhicules électriques progresse aujourd'hui très peu.

Les clients de Melexis reconstituent leurs stocks et commandent même davantage que par le passé. La direction a donc pu relever la fourchette prévisionnelle de croissance du chiffre d'affaires pour 2021. Pour autant, le titre n'a pas atteint un nouveau sommet.

Les affaires reprennent dans toutes les divisions. Si le pôle Recyclage demeure une véritable poule aux oeufs d'or, le bénéfice opérationnel de l'activité Catalyseurs devrait augmenter considérablement cette année. Les prévisions de la division qui produit des matériaux cathodiques destinés aux batteries de voitures électriques sont elles aussi encourageantes.

Tesla est pour le moins une valeur atypique. Les ventes de crédits d'émission et les subventions pèsent plus lourd dans le chiffre d'affaires que son coeur de métier, la production de véhicules. L'action est inspirée par le sentiment et, à court terme, son cours peut être décorrélé des chiffres opérationnels.

X-Fab, dont l'efficacité accrue dope la rentabilité, a le bonheur de voir plusieurs de ses marchés clés se reprendre. Mais l'action s'est tellement appréciée ces derniers mois que son potentiel de hausse est pour l'heure limité.

L'entreprise a bouclé 2020 sur un bénéfice opérationnel récurrent record. Son chemin a néanmoins été semé d'embûches, qui ont fait craindre le pire aux investisseurs, désormais confiants. Il s'agira pour eux d'être patients, et pour l'entreprise et son futur CEO, de rester prudents.

Au troisième trimestre, Tesla a une nouvelle fois vendu plus de véhicules que prévu. La rentabilité est toutefois gonflée artificiellement par le lucratif commerce de crédits d'émissions. Même sans nouveau record, l'action n'est pas attrayante au prix actuel.

Elon Musk est passé maître dans l'art de la communication aux actionnaires. Le marché reste (surtout) fidèle au CEO du groupe, et est prêt à payer beaucoup pour le titre Tesla. A nos yeux, beaucoup trop.

Les grandes divisions étant restées en retrait, les résultats ne surprennent guère. Le coronavirus pourrait retarder considérablement le redémarrage du secteur automobile. Se fondant sur l'accroissement du carnet de commandes au quatrième trimestre, la direction fait néanmoins preuve d'un optimisme prudent.

La marge d'exploitation de Renault inquiète les analystes: la CEO ad interim Clothilde Delbos n'a pas caché qu'elle pourrait encore se réduire, à 3 ou 4%, cette année.

Les investisseurs ont été euphoriques, après la publication des résultats trimestriels. A notre sens, en raison des incertitudes concernant l'industrie automobile, la valorisation actuelle n'est pas justifiée. Nous acterions une partie de nos bénéfices.

Si les motorisations à essence et au diesel polluantes ne sont résolument plus au goût du jour, nul ne sait quelles technologies sont appelées à les remplacer. Les solutions sans carbone sont séduisantes mais il n'est pas certain que, dans ce domaine, l'électricité soit la panacée.

L'usine de Shanghai sera inaugurée ce mois-ci. Tesla se donne quelques mois encore pour statuer sur la localisation d'une méga-usine sur le continent européen; plusieurs pays, dont la Belgique, sont en lice.

Le recul des ventes de matériaux pour batteries ne plaît pas au marché. L'action Umicore a été sanctionnée. Excessivement, selon nous, car les deux autres divisions du groupe vont bien. Par ailleurs, les perspectives à long terme sont favorables.

A moins que les autorités n'en décident autrement, ou que les constructeurs n'accélèrent le mouvement pour plaire aux consommateurs, il faudra des décennies avant que toute la flotte soit remplacée.

A moyen terme, le groupe devra investir énormément et s'endetter encore. Son bilan est médiocre. Nous conseillons dès lors aux actionnaires d'exploiter le sentiment positif actuel pour alléger leurs positions.

Les constructeurs automobiles sont à ce jour très faiblement valorisés. Or les ventes se portent bien. Il faut donc aller chercher ailleurs les raisons de la fragilité du secteur.

Archive