L'économie britannique a enregistré une croissance d'un peu plus de 2% au troisième trimestre - le premier trimestre après le référendum sur le Brexit du 23 juin. La réaction de la Banque centrale britannique au lendemain du référendum (plus de stimuli monétaires) a stabilisé les marchés financiers et la confiance des consommateurs, alors que l'affaiblissement de la livre a favorisé les entreprises exportatrices. Le chômage a baissé à 4,8%.
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L'économie britannique a enregistré une croissance d'un peu plus de 2% au troisième trimestre - le premier trimestre après le référendum sur le Brexit du 23 juin. La réaction de la Banque centrale britannique au lendemain du référendum (plus de stimuli monétaires) a stabilisé les marchés financiers et la confiance des consommateurs, alors que l'affaiblissement de la livre a favorisé les entreprises exportatrices. Le chômage a baissé à 4,8%. Mais la conjoncture est de moins en moins favorable à l'économie britannique. L'incertitude qui plane sur les futures relations (commerciales) entre le Royaume-Uni et l'Union européenne a incité les entreprises britanniques à revoir à la baisse leurs projets de recrutement et d'investissements. Les investissements étrangers sont en recul. L'augmentation du coût des importations - en raison de la faiblesse de la livre - affecte le pouvoir d'achat des ménages britanniques et les marges bénéficiaires des entreprises. Depuis le début de cette année, la livre a perdu plus de 12% de sa valeur face à l'euro, et plus de 15% face au dollar. Très logiquement, l'essentiel des pertes date des semaines qui ont suivi le référendum. La livre britannique est toutefois la seule monnaie (importante) à avoir rattrapé une partie du terrain perdu depuis les élections présidentielles aux États-Unis. Le flou politique et économique qui entoure encore le Brexit pèsera de plus en plus sur la croissance économique, en particulier sur les investissements des entreprises. Aujourd'hui, 44% des exportations britanniques partent pour les 27 États membres de l'Union européenne, et on ne sait pas quel statut commercial le Royaume-Uni pourra obtenir après sa sortie de l'Union. De plus, l'augmentation des prix des importations va affecter à la fois le pouvoir d'achat des ménages et les marges des entreprises, alors que le ralentissement de la croissance risque d'entraîner une hausse du chômage. Le spectre de la stagflation (une combinaison de stagnation de la croissance économique et d'inflation) plane à nouveau. On s'attend à ce que l'inflation britannique s'établisse largement au-dessus de l'objectif de 2% fin 2017. Malgré le terrain déjà perdu en 2016, une poursuite de la dépréciation de la livre britannique en 2017 n'est pas à exclure. Le Premier ministre britannique Theresa May a reçu l'autorisation du Parlement d'actionner la procédure de sortie fin mars. La perspective d'un Brexit " dur " - qui priverait les Britanniques d'accès au marché unique européen - et le ralentissement de la croissance pourraient encore peser sur la devise.