S'il n'a pas battu son record, comme en a pris l'habitude Wall Street en 2021 (l'indice S&P500 a engrangé 70 records sur l'année!), le BEL20 n'en a pas moins connu une année 2021 de très bonne facture, avec une croissance annuelle de 19%. C'est un peu moins bien que 2019 (+21,96%) mais nettement mieux que le millésime 2020 (-8,46%) rendu amer par la pandémie de Covid-19.
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S'il n'a pas battu son record, comme en a pris l'habitude Wall Street en 2021 (l'indice S&P500 a engrangé 70 records sur l'année!), le BEL20 n'en a pas moins connu une année 2021 de très bonne facture, avec une croissance annuelle de 19%. C'est un peu moins bien que 2019 (+21,96%) mais nettement mieux que le millésime 2020 (-8,46%) rendu amer par la pandémie de Covid-19. Si l'indice-phare de la Bourse de Bruxelles fait mieux que son alter ego londonien, le Footsie100 (+14%), en 2021, et que le DAX allemand (+15,79%), le CAC40 de la Bourse de Paris a signé pour sa part une année exceptionnelle (+29%). Le BEL20 a connu une progression linéaire au premier semestre de l'année, avant un second semestre plus chahuté à partir de septembre. En terminant l'année à 4.310 points, l'indice bruxellois reste toutefois encore à quelques centaines de points de son record absolu de 4.756 points, décroché en mai 2007. En 2021, comme les années précédentes, les marchés boursiers ont tiré leur épingle du jeu au pays de l'oncle Sam: avant leur dernière séance de ce vendredi, le Dow Jones avait pris 19%, le S&P500 27%, de même que le Nasdaq (+27%), où prédominent les valeurs technologiques. L'Asie boursière n'a, en revanche, pas été à la fête, ou si peu. Tokyo progresse de 4,9% sur l'ensemble de l'année. Hong Kong a perdu 14% depuis le 1er janvier alors que Shanghai se contente d'un gain de 4,8%. Symbole d'une année boursière difficile en Chine, les géants technologiques de l'Empire du milieu ont connu une annus horribilis, sous la pression des autorités, à l'image d'Alibaba (-49%), alors que le géant au pied d'argile de l'immobilier Evergrande a plus que vacillé sous le poids de sa dette. Les marchés boursiers ont continué à vivre avec les soubresauts de la pandémie de Covid-19, dont le dernier épisode en date a été l'émergence en fin d'année d'un variant Omicron plus contagieux, mais qui ne semble pas en mesure de faire dérailler le rebond économique, au contraire des pénuries de composants électroniques. Malgré le Covid-19, l'économie mondiale a pu afficher une forte croissance en 2021 grâce à la campagne de vaccination. "L'année boursière s'est terminée cette année juste avant Thanksgiving (le 24 novembre, NDLR). Depuis le Black Friday (26 novembre, NDLR), nous sommes en 2022", constate Steven Vandepitte, stratégiste chez ING Belgique, qui note que les habituelles corrections boursières de 10% sont devenues cette année des corrections d'à peine 5%. D'autres thèmes que la pandémie se sont imposés en 2021 comme la pénurie de semi-conducteurs, le retour de l'inflation, la forte hausse des prix de l'énergie et des matières premières ou la fronde de petits actionnaires américains contre des fonds spéculatifs qui avaient joué à la baisse ("shorté" dans le jargon) des actions en difficultés, comme celle de l'entreprise de jeux vidéos Gamestop ou de l'exploitant de salles de cinémas AMC. Une version moderne et boursière du pot de terre contre le pot de fer, rendue possible par les forums sur internet et l'application de courtage sans frais Robinhood, et qui ne semble pas avoir d'équivalent en Europe. Ni d'être en mesure de révolutionner le monde de la finance. "Des hedge funds se sont brûlés les ailes", observe Steven Vandepitte. "Mais l'effet est temporaire. On ne parle presque plus de cela". En effet, "pour jouer la prochaine action", les petits actionnaires "doivent vendre la précédente", faute de force de frappe financière suffisante. Qu'attendre pour 2022? La croissance économique devrait rester robuste en Europe et aux Etats-Unis et l'inflation élevée risque de faire encore parler d'elle. Les pénuries qui pèsent sur les approvisionnements des entreprises mettront encore plusieurs mois avant de se résorber. Quant au Covid-19, il a plus d'un vilain tour dans son sac et nul ne peut dire comment évoluera la pandémie dans les mois et années à venir...