Les sondages voyaient déjà Clinton accéder à la présidence des États-Unis, et tous les observateurs (nous y compris) s'accordaient à prévoir la panique sur les marchés en cas de victoire de Donald Trump. Finalement, aucune de ces prévisions ne s'est révélée juste.
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Les sondages voyaient déjà Clinton accéder à la présidence des États-Unis, et tous les observateurs (nous y compris) s'accordaient à prévoir la panique sur les marchés en cas de victoire de Donald Trump. Finalement, aucune de ces prévisions ne s'est révélée juste. Le discours d'investiture de Trump a eu un effet positif sur le secteur des soins de santé. Les actions des secteurs pharmaceutique et biotechnologique étaient sous pression l'an dernier compte tenu de la crainte que Hillary Clinton décide de sabrer dans les prix des médicaments. Ce risque étant moins grand avec Trump, un rallye s'est amorcé dans le secteur.Rappelons que la réaction initiale des marchés n'est pas un baromètre de l'évolution ultérieure des cours pour les douze prochains mois. Vu le référendum italien à venir (dans un mois), mais aussi et surtout les élections en France et en Allemagne, les marchés semblent condamnés à la volatilité en 2017. Un complément de liquidités ne fera donc pas de tort, c'est pourquoi nous commençons par alléger notre position dans Umicore, devenu cher. La semaine dernière, les actionnaires de Potash Corp et d'Agrium ont approuvé à la majorité la fusion annoncée en septembre entre les deux spécialistes canadiens des engrais. Il s'agit d'une fusion entre égaux, où les actionnaires de Potash recevront, par action détenue, 0,4titre de la nouvelle entité, et les actionnaires d'Agrium recevront 2,23actions par titre détenu. Les actionnaires de Potash recevront donc 52% du groupe, ceux d'Agrium 48%. La fusion permettra des économies de coûts à hauteur de 500millions de dollars (USD) chaque année. Elles seront réalisées deux ans après la fusion, et augmenteront en théorie la valeur d'entreprise conjointe (actuellement à 36milliards USD) de 20%. Sur la base de la capacité de production disponible, la nouvelle entité sera numéro un mondial dans la potasse et numéro trois dans l'azote et le phosphate. L'approbation par les actionnaires est une première étape importante mais au cours des prochains mois, les autorités régulatrices devront également donner leur feu vert. La fusion devrait être finalisée à la mi-2017. Un dividende plus stable (3,9% brut) peut être espéré, même cette année, malgré les résultats. Car vu les avantages de synergie, le groupe devrait conserver annuellement au moins un milliard de dollars de cash-flows libres après versement du dividende et investissements d'entretien. Les résultats à nouveau faibles du troisième trimestre démontrent l'importance des mesures de réduction de coûts. Avec un bénéfice trimestriel de 0,1USD par action, Potash Corp enregistre même son deuxième résultat trimestriel le moins bon depuis 2009. Le bénéfice brut a reculé de 243 à 190millions USD d'un trimestre à l'autre. La contribution des engrais azotés a reculé de 61millions USD, alors que les autres divisions se sont tenues à l'équilibre: -17millions USD pour la potasse et +25millions USD pour le phosphate. Après neuf mois, le bénéfice net totalise seulement 277millions USD (0,33USD par action, mais en incluant 0,11USD de coûts exceptionnels), contre encore 1,1milliard USD (1,28USD par action) en 2015. Les prévisions annuelles ont été revues à la baisse pour la troisième fois, à présent à 0,4 à 0,45USD. Nous aurions évidemment préféré que Potash Corp soit impliquée dans une transaction de ce type à un cours de Bourse bien plus élevé. La fusion stabilisera cependant le flux de revenus sans faire perdre son potentiel d'appréciation à la division Potasse lors du prochain cycle haussier des prix. Reste à savoir comment le fisc traitera l'opération, c'est-à-dire comme un versement ou non, et donc avec ou sans application du précompte mobilier. Nous le saurons au premier semestre 2017. D'ici là, nous maintenons notre conseil d'achat (rating 1B).