Comme prévu, le spécialiste du sucre Suedzucker (Südzucker avec un tréma en allemand) vient de clôturer un (très) faible exercice 2014-2015 (clos au le 31/3) : son chiffre d'affaires s'est replié de 10% (de 7,53 à 6,78 milliards EUR), ce qui est inférieur aux propres prévisions d'un CA de 7 milliards EUR. Le repli du bénéfice opérationnel (EBIT) de 71% (de 622 à 181 millions EUR) est...

Comme prévu, le spécialiste du sucre Suedzucker (Südzucker avec un tréma en allemand) vient de clôturer un (très) faible exercice 2014-2015 (clos au le 31/3) : son chiffre d'affaires s'est replié de 10% (de 7,53 à 6,78 milliards EUR), ce qui est inférieur aux propres prévisions d'un CA de 7 milliards EUR. Le repli du bénéfice opérationnel (EBIT) de 71% (de 622 à 181 millions EUR) est plus regrettable, car le chiffre est également inférieur à ses propres prévisions de 200 millions EUR. La cause principale est évidemment la chute libre de l'EBIT dans le segment du sucre, de 437 à 7 millions EUR à peine. La diversification au cours de la décennie écoulée, en direction du bioéthanol, des préparations à base de fruits, des concentrés de fruits et des spécialités (notamment numéro 1 en Europe de la pizza surgelée), n'a pu compenser que partiellement cet état de fait. La direction de l'entreprise se montre sombre pour l'exercice 2015-2016 à peine entamé, et anticipe un repli ultérieur de l'EBIT dans la fourchette de 50 à 150 millions EUR pour un chiffre d'affaires inférieur compris entre 6 et 6,3 milliards EUR. Le dividende a été réduit de moitié, de 0,50 à 0,25 EUR par action. Le marché avait anticipé de tels chiffres. L'action s'échange dès lors bien en deçà de sa valeur comptable et à une demi-fois le CA attendu. A moins que le phénomène El Nino pousse à la hausse le prix du sucre et le cours de Bourse, nous y voyons un investissement pour plusieurs années (rating 1B) . Car l'entreprise allemande surfe sur plusieurs des mégatendances qui se profilent à l'horizon 2050. D'abord la croissance de la population mondiale (2 milliards de bouches supplémentaires à nourrir d'ici à 2050), ensuite le souhait accru de mobilité (vers une solution moins polluante que le biocarburant) et enfin la hausse du niveau de vie (qui entraîne la modification des habitudes alimentaires, en intégrant plus de graisses et sucres).