Fin 2017, l'armateur pétrolier Euronav a fait une nouvelle fois honneur à sa réputation de consolidateur du secteur. Comme début 2014, lorsqu'il avait racheté d'une traite 15 pétroliers VLCC (Very Large Crude Carriers, des navires d'une capacité maximale de 320.000 tonnes) au groupe danois Maersk, le groupe anversois est à nouveau confronté à un creux cyclique. Le secteur fait face à une surcapacité, qui a ramené les tarifs de location journaliers, même pendant l'hiver, généralement lucratif dans l'hémisphère nord, sous le break-even (ni gain ni perte). La situation devrait cependant s'améliorer à partir de fin 2018 ou début 2019, vu le nombre croissant de navires à démanteler et la baisse du volume des nouvelles constructions alors que la demande de transport de pétrole augmente et que les itinéraires d...

Fin 2017, l'armateur pétrolier Euronav a fait une nouvelle fois honneur à sa réputation de consolidateur du secteur. Comme début 2014, lorsqu'il avait racheté d'une traite 15 pétroliers VLCC (Very Large Crude Carriers, des navires d'une capacité maximale de 320.000 tonnes) au groupe danois Maersk, le groupe anversois est à nouveau confronté à un creux cyclique. Le secteur fait face à une surcapacité, qui a ramené les tarifs de location journaliers, même pendant l'hiver, généralement lucratif dans l'hémisphère nord, sous le break-even (ni gain ni perte). La situation devrait cependant s'améliorer à partir de fin 2018 ou début 2019, vu le nombre croissant de navires à démanteler et la baisse du volume des nouvelles constructions alors que la demande de transport de pétrole augmente et que les itinéraires deviennent plus longs.Pour l'heure, la crise est encore profonde. Mais la direction du groupe se prépare depuis deux ans à une éventuelle consolidation. Elle a renforcé la position liquide d'Euronav par le biais d'une série de refinancements, la portant de 267 millions de dollars fin 2014 à 735 millions fin septembre 2017. En outre, elle a adapté la politique de dividende: elle ne verse plus 80% du résultat net (hors plus-values uniques) mais un dividende brut minimum de 0,12 dollar par action. Euronav s'est également assuré de percevoir davantage de revenus fixes. Elle a conclu plusieurs contrats de location à long terme intéressants. L'entreprise dispose par ailleurs du bilan le plus solide de son secteur. Elle a fait état d'un rapport entre la dette nette et le cash-flow d'exploitation récurrent (Rebitda) de 2,1 sur les douze derniers mois, contre 5,8 en moyenne dans le secteur. A présent, Euronav franchit un nouveau pas en acquérant le groupe américain Gener8 Maritime. Euronav acquiert ainsi 21 VLCC supplémentaires (dont 19 ont au deux ans tout au plus), portant le nombre total de VLCC du groupe à 44. La flotte de Suezmax (des pétroliers d'une capacité de 150.000-165.000 tonnes) s'accroît de six navires, à 28, et trois navires plus petits viennent encore étoffer la flotte, qui comptera 75 navires.Euronav deviendra de la sorte le plus grand armateur pétrolier indépendant. L'entreprise débourse 493 millions de dollars, ou une prime acceptable de 35%, intégralement financés par l'émission de 60,9 millions de nouveaux titres. Les actionnaires de Gener8 Maritime conserveront 28% du nouveau groupe. En outre, Euronav reprend également les dettes du groupe qu'elle absorbe, soit 1,23 milliard de dollars à fin septembre. En vue de maîtriser l'endettement lorsque la transaction aura été finalisée - fin juin en principe -, Euronav entend vendre six VLCC récents au prix total de 434 millions de dollars. Si officiellement il s'agit d'une fusion, la nouvelle entité sera dirigée par l'actuel CEO, directeur financier et président du conseil d'administration d'Euronav. Le groupe avait cédé en novembre et décembre trois anciens pétroliers, deux VLCC et un Suezmax. Sur ces ventes, la plus-value totale s'est montée à 36,5 millions de dollars. Elle donnera quelque couleur au rapport du quatrième trimestre, que l'on prévoit peu enthousiasmant. Après neuf mois, le groupe accuse une perte nette de 18 millions de dollars (contre 28,1 millions au troisième trimestre) alors que sur la même période, un an plus tôt, il avait enregistré un bénéfice net de 153,8 millions. Nous sommes satisfaits de cette acquisition, qui a pour effet de rajeunir et étoffer considérablement la flotte actuelle d'Euronav, sans accroître la flotte mondiale. La société est idéalement positionnée pour profiter du redressement des tarifs de location journaliers attendu au cours des deux, trois prochaines années. L'action demeure digne d'achat (rating 1B). Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1BCours : 7,80 eurosTicker : EURN BBCode ISIN : BE0003816338 Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 1,25 milliard EURC/B 2016 : 6,2C/B attendu 2017 : 158Perf. cours sur 12 mois : -1 %Perf. cours depuis le 01/01 : +2,7 %Rendement du dividende : 1,3 %