L'économie australienne aligne 28 années de croissance ininterrompue, un record mondial. Le taux de chômage ne dépasse pas 5,1%, et le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 3% encore cette année. Mais alors que la plupart des observateurs tablaient sur une augmentation du taux directeur, la Reserve Bank of Australia (RBA) a pris les marchés de court en l'...

L'économie australienne aligne 28 années de croissance ininterrompue, un record mondial. Le taux de chômage ne dépasse pas 5,1%, et le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 3% encore cette année. Mais alors que la plupart des observateurs tablaient sur une augmentation du taux directeur, la Reserve Bank of Australia (RBA) a pris les marchés de court en l'abaissant à 0,75%, un plancher historique. A la surprise générale, l'inflation a diminué au premier trimestre; quant à l'indice des prix à la consommation, il cède à nouveau du terrain. La RBA vise une inflation de 2 à 3%: elle en est aujourd'hui très loin.Si l'Australie aligne des chiffres dont maints pays ne peuvent que rêver, des premiers signes de ralentissement, voire de récession, se manifestent. En cause: les liens étroits qu'elle entretient avec la Chine, son principal partenaire commercial et premier marché de débouchés. Le succès de l'économie australienne est intimement lié à celui de l'empire du Milieu. Or ces relations pourraient devenir un handicap: la Chine ne peut conserver indéfiniment son rythme de croissance et l'Australie est une victime collatérale de la guerre commerciale que se livrent Pékin et Washington. Si, comme cela semble devoir être le cas, les tensions perdurent, elles pourraient peser à relativement court terme sur le PIB de l'Australie.Le dollar australien (AUD) reste très volatil. La baisse des cours des matières premières et la crainte d'assister à un ralentissement de l'économie mondiale en général et locale en particulier lui font plus de mal que de bien. Ajoutons à cela l'extrême prudence de la RBA, qui revoit son taux directeur à la baisse depuis cet été et pourrait continuer à diminuer ses taux courts, et l'on comprendra que les perspectives, pour la devise, sont tout sauf encourageantes.