Quel bilan tirer de l'année 2018 pour l'économie norvégienne et la NOK?

La couronne norvégienne tire incontestablement profit des tensions qui règnent dans l'Union européenne: les Britanniques continuent à se déchirer sur la manière dont ils quitteront l'UE, de nombreux leaders politiques italiens remettent l'adhésion au bloc européen en question, la Catalogne réclame plus d'autonomie, l'Autriche et la Hongrie ne cachent pas leur mécontentement. Toutes ces contestations laissent la Norvège de glace.
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La couronne norvégienne tire incontestablement profit des tensions qui règnent dans l'Union européenne: les Britanniques continuent à se déchirer sur la manière dont ils quitteront l'UE, de nombreux leaders politiques italiens remettent l'adhésion au bloc européen en question, la Catalogne réclame plus d'autonomie, l'Autriche et la Hongrie ne cachent pas leur mécontentement. Toutes ces contestations laissent la Norvège de glace. Les Norvégiens ont été critiqués, car une grande partie de leur prospérité découle de l'exportation de combustibles fossiles. Blessés par ces accusations, ils veulent à présent rendre leur économie plus respectueuse de l'environnement et moins tributaire des exportations de pétrole et de gaz. Mais il ne faut pas se leurrer: la production d'hydrocarbures reste une source de revenus indispensables. En septembre, la banque centrale a relevé son taux directeur de 0,5 à 0,75% pour la première fois en sept ans. La couronne norvégienne bénéficie ainsi d'un différentiel de taux légèrement favorable par rapport à l'euro. L'inflation a sans doute atteint un sommet autour de 3,11% et devrait à présent diminuer progressivement. Les fondamentaux économiques sont très sains (dette publique réduite, à 36% du produit intérieur brut). La croissance économique se monte à 3,3% en base annuelle et s'accélère, notamment grâce à une consommation privée soutenue et une politique budgétaire expansionniste. Il y a peu de chômage (à peine 4%). La dépendance à l'évolution du cours du pétrole s'est réduite ces dernières années, mais est toujours bien présente. Les charges salariales sont très élevées et pourtant, les ménages sont assez endettés, ce qui constitue un risque. Mais selon la banque centrale, la hausse des salaires est supportable. Le gouverneur de la Norske Bank, Oystein Olsen, a l'intention de relever les taux, sans doute au premier trimestre de 2019. Il a cependant précisé que les taux augmenteraient plus lentement que ce qu'annonçaient ses communications initiales.Le marché tablait sur un durcissement plus rapide de la politique monétaire. La couronne norvégienne s'est même légèrement affaiblie depuis la mi-octobre, et fluctue actuellement autour de 9,7 NOK pour un euro. Les prévisions sont cependant optimistes. En cas de hausse effective des taux, la couronne norvégienne pourrait se renforcer progressivement vis-à-vis de la monnaie unique. La devise est en effet très stable depuis plusieurs années et plutôt bon marché actuellement. Il pourrait dès lors être judicieux d'acheter des obligations en couronnes norvégiennes. La Norvège est d'ailleurs l'un des pays les plus solvables au monde, comme en témoigne sa notation triple A. Une obligation en NOK offre un surcroît de rendement d'environ 1,5% par rapport à une obligation publique belge ou allemande à cinq ans. Les obligations norvégiennes comptent parmi nos favorites à des fins de diversification d'un portefeuille obligataire défensif. La couronne norvégienne conserve également son statut de valeur refuge en cas de regain d'aversion pour le risque dans la zone euro.