Le 10 décembre, la société biotech américaine a annoncé qu'au 1er mars 2019, Daniel O'Day (responsable depuis 2012 de la division pharmaceutique de Roche) prendrait la tête du groupe et tenterait de doter l'ancien favori de la Bourse d'un nouveau profil de croissance. Depuis 2016, la baisse plus marquée que prévu des revenus tirés du traitement du virus de l'hépatite C (HCV) aspire le chiffre d'affaires (CA) et le bénéfice du groupe dans une spirale négative. En 2015, Gilead dégageait encore un CA de 32,6 milliards de dollars, dont 19,1 milliards liés au HCV, et un bénéfice net par action (BPA) de 11,91 dollars. En 2017, le CA ne totalise plus que 26,1 milliards et le BPA 7,91 dollars. Sur les neuf premiers mois de 2018, les ventes liées au HCV sont...

Le 10 décembre, la société biotech américaine a annoncé qu'au 1er mars 2019, Daniel O'Day (responsable depuis 2012 de la division pharmaceutique de Roche) prendrait la tête du groupe et tenterait de doter l'ancien favori de la Bourse d'un nouveau profil de croissance. Depuis 2016, la baisse plus marquée que prévu des revenus tirés du traitement du virus de l'hépatite C (HCV) aspire le chiffre d'affaires (CA) et le bénéfice du groupe dans une spirale négative. En 2015, Gilead dégageait encore un CA de 32,6 milliards de dollars, dont 19,1 milliards liés au HCV, et un bénéfice net par action (BPA) de 11,91 dollars. En 2017, le CA ne totalise plus que 26,1 milliards et le BPA 7,91 dollars. Sur les neuf premiers mois de 2018, les ventes liées au HCV sont passées de 7,64 à 2,95 milliards de dollars (-61%). Gilead entend les stabiliser au travers du lancement de variantes génériques dès 2019. La franchise HIV (sida) se développe et fait toujours belle figure. Son CA a gagné 10,4% de janvier à septembre 2018, à 10,56 milliards de dollars (+11,9% au 3e trimestre, à 3,73 milliards), sous l'impulsion du nouveau médicament Biktarvy.Au niveau du groupe, le CA a reculé de 20,16 milliards à 16,33 milliards de dollars et le BPA de 6,44 dollars à 4,15 dollars. Sur base annuelle, les analystes tablent sur un CA de 21,77 milliards de dollars et un BPA de 6,96 dollars. Pour 2019, le CA est attendu à 21,65 milliards de dollars, le BPA à 6,77 dollars. Outre la stabilisation du CA lié au HCV et la poursuite de la consolidation du leadership pour le HIV, les défis principaux seront la quête de nouveaux moteurs de croissance. Daniel O'Day entend développer Kite Pharma, la société spécialisée dans l'immunologie cancéreuse rachetée en 2017 pour 11,9 milliards de dollars, dont le premier produit sur le marché est l'Yescarta, un produit de thérapie cellulaire CAR-T pour le traitement de formes rares du lymphome. Sur les neuf premiers mois de l'année, le CA atteignait 183 millions de dollars (75 millions au 3e trimestre). La route est donc encore longue avant que cette acquisition coûteuse ne porte ses fruits. Un autre moteur de croissance peut provenir du traitement de la "maladie du foie gras" (NASH), dernier plus vaste marché inexploré des traitements de maladies hépatiques, qui pourrait se chiffrer à 35 milliards de dollars. Or dans ce domaine, Gilead a plusieurs molécules propres en développement, mais pourrait procéder à de nouvelles acquisitions afin d'acquérir un rôle prédominant. Notons aussi l'inhibiteur JAK1 filgotinib, développé conjointement avec Galapagos. Une éventuelle offre de reprise pour s'approprier la totalité des revenus futurs du filgotinib devrait être précisée en 2019, en fonction du potentiel commercial final, estimé par les analystes entre deux et six milliards de dollars. Fin septembre 2018, Gilead disposait d'une position de trésorerie de 30,8 milliards de dollars qui lui permet de financer ses acquisitions. Et c'est une tendance sectorielle: 2019 a démarré avec une offre de rachat de Bristol-Myers Squibb sur la grande biotech américaine Celgene, pour une valeur d'entreprise de 74 milliards de dollars. L'action Gilead Sciences a suivi la tendance molle du marché au 4e trimestre, mais a rebondi après l'offre de rachat de Celgene. Sa faible valorisation, à moins de 10 fois le bénéfice escompté pour 2019, ne se justifie que par le manque de perspectives de croissance à court terme. Courant 2019, le nouveau CEO devra définir les choix stratégiques à opérer pour s'assurer une croissance après 2020. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 65,25 dollarsTicker: GILD USCode ISIN: US3755581036Marché: New YorkCapit. boursière: 84,4 milliards USDC/B 2018: 8C/B attendu 2019: 9Perf. cours sur 12 mois: -12%Rendement du dividende: 3,5%