Le 23 septembre, l'action Yara International a fait un bond de plus de 8% à l'ouverture pour atteindre 340 NOK, après que le premier producteur européen d'engrais a indiqué avoir entamé des discussions sur une fusion avec son concurrent américain CF Industries Holdings. L'action de CF Industries a également progressé à la suite de la publication de cette information. Soyons clairs : il ne s'agit pour l'instant que de discussions, il n'y a pas encore d'accord. Sur la base de la capitalisation boursière actuelle des deux entreprises (environ 13,8 milliards USD chacune), le groupe issu de la fusion se rapprocherait de Potash Corp, le plus grand producteur d'engrais au monde avec une capitalisation boursière de 29,1 milliards USD. Potash Corp est spécialisée dans les engrais potassiques (élément K; potasse). Yara et CF Industries, de leur côté, sont les premier et deuxième producteurs d'engrais azotés (élément N). CF Industries est aussi le numéro trois dans les phosphates (élément P) et Yara, le numéro un dans...

Le 23 septembre, l'action Yara International a fait un bond de plus de 8% à l'ouverture pour atteindre 340 NOK, après que le premier producteur européen d'engrais a indiqué avoir entamé des discussions sur une fusion avec son concurrent américain CF Industries Holdings. L'action de CF Industries a également progressé à la suite de la publication de cette information. Soyons clairs : il ne s'agit pour l'instant que de discussions, il n'y a pas encore d'accord. Sur la base de la capitalisation boursière actuelle des deux entreprises (environ 13,8 milliards USD chacune), le groupe issu de la fusion se rapprocherait de Potash Corp, le plus grand producteur d'engrais au monde avec une capitalisation boursière de 29,1 milliards USD. Potash Corp est spécialisée dans les engrais potassiques (élément K; potasse). Yara et CF Industries, de leur côté, sont les premier et deuxième producteurs d'engrais azotés (élément N). CF Industries est aussi le numéro trois dans les phosphates (élément P) et Yara, le numéro un dans les engrais composés (NPK). Sur le plan géographique, les entreprises se complètent bien. A partir de 2015 - grâce à une série d'acquisitions -, Yara réalisera 40% de son chiffre d'affaires (CA) en Amérique latine, 40% en Europe, 14% en Amérique du Nord et 6% ailleurs. CF Industries est surtout active en Amérique du Nord. Le prix de l'énergie est un élément de coût important pour les producteurs d'engrais. La révolution du gaz de schiste aux Etats-Unis - qui a considérablement réduit le coût du gaz américain - constitue un handicap concurrentiel pour Yara par rapport à CF Industries. Dès 2010, les Norvégiens ont essayé de réagir en cherchant à acquérir le groupe américain Terra Industries, mais cette tentative a échoué après une surenchère de CF Industries. Yara est clairement l'entreprise qui a le plus à gagner dans une fusion et elle devra sans doute mettre plus d'eau dans son vin pour convaincre CF Industries. Pour des raisons fiscales, le siège du groupe fusionné serait établi en Norvège. Les entreprises américaines ont désormais souvent recours à une acquisition ou une fusion à l'étranger pour évacuer leur siège en dehors des Etats-Unis afin de réduire leur facture fiscale. Mais le gouvernement américain veut intervenir contre cette tendance. Les résultats de Yara se sont améliorés au 2e trimestre - après une baisse continue depuis 2012 -, de manière assez ironique notamment grâce à la baisse des prix du gaz en Europe. Vu le risque qu'elle doive payer une prime élevée sur la fusion et bien qu'elle ne soit pas encore extrêmement chère - 12 fois les bénéfices attendus pour 2014 et un rapport valeur d'entreprise/cash-flows opérationnels (EBITDA) de 6,5 -, nous abaissons l'avis pour Yara à vendre (3B). Les positions existantes dans CF Industries peuvent cependant être conservées (2B).Je lis que vous êtes à nouveau positifs concernant l'action Nyrstar. Je trouve cela osé, pour une entreprise qui a dû payer 9% sur un emprunt obligataire. Dans ces conditions, n'est-il pas plus judicieux de tenter un pari sur Yahoo! ?Notre recommandation d'achat pour Nyrstar est bel et bien basée sur des arguments fondamentaux (lire Flash IB-39B). Vous pouvez donc y voir un pari "raisonné", car il est clair qu'il ne s'agit pas d'une action "de bon père de famille". D'où aussi le profil de risque "C" (1C). Le géant de l'Internet Yahoo! a été régulièrement le terrain d'action d'actionnaires activistes ces dernières années. En 2008 par exemple, Carl Icahn a vertement critiqué Yahoo! pour avoir refusé l'offre de Microsoft qui proposait 47,5 milliards USD (la capitalisation boursière actuelle se monte à 40,4 milliards USD). L'ancien manager (CEO) Scott Thompson a également été contraint de démissionner en 2012 sous la pression d'un fonds spéculatif. Le CEO actuel - depuis juillet 2012 - est Marissa Mayer, un manager prometteur en provenance de Google. Mais elle non plus ne parvient toujours pas à renouer avec la croissance, en dépit d'une kyrielle d'acquisitions pour un total de 1,3 milliard USD. Yahoo! perd des parts de marché et les tarifs publicitaires sont sous pression. Le bénéfice du groupe a quand même progressé ces dernières années, grâce à la participation dans Alibaba que Yahoo! avait achetée en 2005 pour 1 milliard USD. Yahoo! avait déjà vendu pour 7,9 milliards USD d'actions Alibaba en 2012, et on peut désormais y ajouter 121,7 millions d'actions à l'occasion de l'IPO. Aujourd'hui, Yahoo! détient encore environ 16% d'Alibaba. La moitié du produit de cette vente sera reversée aux actionnaires. Yahoo! détient également une participation de 36% dans Yahoo Japan. Un nouvel activiste, Starboard Value, est récemment monté au créneau pour demander notamment le rachat du concurrent AOL. La hype Alibaba ayant atteint son point culminant, nous trouvons qu'il est trop tard pour investir dans Yahoo!. De telles introductions interviennent toujours dans la phase finale d'une hausse boursière, jamais au début. De plus, l'action Yahoo! est chère, à 32 fois les bénéfices attendus pour 2015. Nous confirmons dès lors notre avis : vendre (3B).