Il est temps, pour Donald Trump, d'écrire l'épilogue des négociations avec la Chine, du moins s'il veut éviter que celle-ci le prenne en étau. Car l'occupant de la Maison-Blanche entamera l'année 2020 avec un handicap important: celui de l'échéance de l'élection présidentielle, fixée au 3 novembre. Il aura donc à répondre, sous peu, des résultats du mandat en cours.
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Il est temps, pour Donald Trump, d'écrire l'épilogue des négociations avec la Chine, du moins s'il veut éviter que celle-ci le prenne en étau. Car l'occupant de la Maison-Blanche entamera l'année 2020 avec un handicap important: celui de l'échéance de l'élection présidentielle, fixée au 3 novembre. Il aura donc à répondre, sous peu, des résultats du mandat en cours.Pour autant, la Chine n'est pas non plus dans une position résolument enviable et ne peut pas tout se permettre. Tous les partenaires commerciaux de ce pays de 1,3 milliard d'habitants le disent: le conflit freine sérieusement sa croissance économique, et le prolonger davantage aurait un coût substantiel. Après une longue interruption, les négociations ont repris, et l'on peut cette fois espérer qu'elles déboucheront sur un accord, partiel ou total. Un premier pas en direction d'un arrangement intermédiaire a en tout cas été franchi, même si l'Empire du Milieu n'a pas encore tout à fait cédé.Au printemps, nous ne croyions pas en un armistice, pour deux raisons. Tout d'abord, une entente avec la Chine se devra d'être un trophée, que Donald Trump pourra brandir lors de sa prochaine campagne électorale; conclure avec un an et demi d'avance aurait donc été prématuré. Ensuite, l'on ne constatait aucun sentiment d'urgence: l'économie américaine était florissante et le taux de chômage, pour ne citer que lui, n'avait jamais été aussi bas depuis 50 ans. Mais ces deux éléments peinent désormais à convaincre, d'une part parce que la date de l'élection présidentielle approche et que dans quelques mois, la campagne battra son plein, d'autre part parce que l'économie américaine montre des signes d'essoufflement.Mais pour le 45e président des Etats-Unis, il sera bientôt temps de passer à la caisse. Il nous semble dès lors que les négociations actuelles ont tout du moment de vérité. L'an prochain, à mesure qu'approchera la date du scrutin, la probabilité de boucler un accord, quel qu'il soit, s'amenuisera. Les observateurs ne croient certes pas à une entente complète et définitive: dès qu'elle s'est rassise à la table des négociations, la Chine a fait savoir qu'elle n'était pas partisane d'un pacte de grande ampleur, qui l'obligerait à réformer drastiquement ses politiques industrielle et commerciale. Il est plus probable en revanche que soit conclu un accord partiel, qui prévoirait notamment la reprise des achats de produits agricoles américains, soja en tête, en échange de la levée (partielle) des sanctions. Nous sommes curieux de voir si Donald Trump se laissera convaincre et s'il obtiendra l'aval du Congrès.Nous l'avons dit et répété: l'avenir des marchés boursiers dépend des résultats des négociations. Tant que celles-ci n'auront pas livré de résultats tangibles, le climat boursier restera empreint d'une certaine nervosité et des corrections ne seront pas à exclure. Nous continuons de miser sur ces mouvements.