L'adage veut que le mois de janvier soit révélateur de l'orientation des marchés pour le restant de l'année (" So goes January, so goes the Year "). S'il se vérifie en 2015, l'année ne s'annonce pas glorieuse à Wall Street. Les principaux indices boursiers américains ont en effet perdu du terrain au cours du premier mois de l'année. L'indice large Standard&Poor's500, qui regroupe les 500 principales entreprises américaines, a perdu environ 3% en janvier. Au cours des deux premières semaines de février, on note une amélioration, de sorte qu'au bilan des six premières semaines, le S&P 500 affiche malgré tout un nouveau record. Il ressort cependant de la ...

L'adage veut que le mois de janvier soit révélateur de l'orientation des marchés pour le restant de l'année (" So goes January, so goes the Year "). S'il se vérifie en 2015, l'année ne s'annonce pas glorieuse à Wall Street. Les principaux indices boursiers américains ont en effet perdu du terrain au cours du premier mois de l'année. L'indice large Standard&Poor's500, qui regroupe les 500 principales entreprises américaines, a perdu environ 3% en janvier. Au cours des deux premières semaines de février, on note une amélioration, de sorte qu'au bilan des six premières semaines, le S&P 500 affiche malgré tout un nouveau record. Il ressort cependant de la saison des résultats que les multinationales américaines surtout, qui pèsent relativement lourd au sein des indices, ont de plus en plus de difficultés à gérer la vigueur de leur devise (USD), qui érode la croissance de leur chiffre d'affaires et de leurs bénéfices. Alors qu'elles étaient parvenues à maintenir le cap l'an dernier, cette année, les projections à cet égard sont (à juste titre) nettement plus modestes. Le consensus des analystes pour l'ensemble de l'exercice 2015 fait état de 119,05 USD par action, soit une augmentation de 5,1% par rapport à 2014. Regarder ailleursEn fin de compte, nous ne pouvons plus espérer de revirement spectaculaire à Wall Street. Une hausse comme en 2014, en ligne avec l'évolution des bénéfices des entreprises (environ 5%), serait déjà plus qu'acceptable. Cinq pour cent, comparés à la moyenne des Bourses américaines sur les cinq dernières années, c'est certes une maigre performance, mais dans un contexte de taux ultrafaibles, cela reste excellent. N'oublions pas que l'indice S&P500 a déjà connu une hausse phénoménale de 210% depuis le plancher de mars 2009. Ces derniers mois, les investisseurs européens voient pour leur part leur rendement amélioré grâce à la hausse de l'USD. Ces six premières semaines ont cependant démontré que l'Europe, malgré la victoire aux élections de Syriza en Grèce et les difficultés que celle-ci entraîne pour l'Union européenne, offre des perspectives de rendement plus intéressantes que Wall Street cette année. Ce n'est d'ailleurs pas si étonnant car cela faisait plus de 20 ans que les marchés boursiers européens n'étaient plus restés autant en retrait de la hausse boursière. A la remontée de 210% de l'indice S&P500, il convient d'opposer une hausse de " seulement " 140% du Stoxx600. Pour autant, le mouvement de rattrapage semble amorcé. Cette année, on note déjà près de 10% d'écart à l'avantage de l'indice boursier européen large.Selon nous, cet écart aura davantage tendance à se creuser qu'à se réduire cette année. Les entreprises européennes disposent en effet encore d'une marge largement suffisante pour accroître leurs bénéfices. A cet égard également, le retard de l'Europe par rapport aux Etats-Unis est sans précédent. Vu l'euro plus faible et l'énergie bien moins coûteuse, on peut sans crainte prévoir une bonne année boursière, sinon excellente. D'autant que l'assouplissement quantitatif (QE) de la BCE représente un joli coup de pouce pour les marchés européens. N'espérons pas, cela dit, que les places financières engrangeront 10% tous les deux mois. Les corrections intermédiaires seront synonymes de nouvelles opportunités.