N'est-il pas étrange que le Standard & Poor's 500, l'indice de référence à Wall Street, pulvérise tous les records alors que la planète traverse la crise économique la plus grave des 100 dernières années? Ce phénomène reflète en tout état de cause la mesure dans laquelle les banques centrales - Réserve fédérale en tête, mais elle n'est pas la seule - fixent les règles en Bourse. Soulignons par ailleurs que la marche forcée entamée en mars ne se présente pas de manière uniforme, puisque la hausse est portée par la folle ascension de quelques actions technologiques extrêmement po...

N'est-il pas étrange que le Standard & Poor's 500, l'indice de référence à Wall Street, pulvérise tous les records alors que la planète traverse la crise économique la plus grave des 100 dernières années? Ce phénomène reflète en tout état de cause la mesure dans laquelle les banques centrales - Réserve fédérale en tête, mais elle n'est pas la seule - fixent les règles en Bourse. Soulignons par ailleurs que la marche forcée entamée en mars ne se présente pas de manière uniforme, puisque la hausse est portée par la folle ascension de quelques actions technologiques extrêmement populaires; le marché au sens large se redresse également, mais pas dans les mêmes proportions. De quoi, après cet été brûlant, les mois qui viennent seront-ils faits? Nous restons convaincus qu'après avoir atteint un record, l'indice S&P 500 va en rester à ce niveau symbolique, avant de corriger de 10-20% dans les semaines ou les mois qui suivent. D'où notre décision de constituer une trésorerie abondante au profit du portefeuille modèle.Car à l'évidence, Wall Street ignore superbement la réalité économique engendrée par la crise sanitaire. Les dégâts sont colossaux et il est probable que les résultats du premier semestre de 2021 en souffriront également. Ce déni se traduit par une valorisation extrême du marché boursier américain. L'indice S&P 500 atteint aujourd'hui 27,5 fois les bénéfices escomptés pour les 12 prochains mois, avec le risque, à notre avis, que l'estimation de ces bénéfices soit exagérée. C'est d'autant plus inquiétant que les géants technologiques intègrent 44 fois le bénéfice prévisionnel, soit le niveau atteint en 1929 et en 2000. Les autres sociétés s'échangent à 22 fois le bénéfice escompté. Si c'est déjà plus acceptable, les incertitudes demeurent nombreuses. En raison de la situation sanitaire, bien sûr, mais aussi de l'imminence de l'élection présidentielle américaine. Joe Biden semble actuellement mener le jeu, ce dont Donald Trump a parfaitement conscience. Il tente donc d'ores et déjà de justifier une éventuelle défaite en s'attaquant au recours massif au vote par correspondance. Acceptera-t-il le résultat du scrutin, si celui-ci devait lui être défavorable? Que feraient ses partisans? Autant de doutes qui pourraient freiner la progression de Wall Street à court et moyen terme. Mais soyons réalistes: quoi qu'il advienne, la voie vers de nouveaux records à Wall Street est ouverte, et nous verrions bien l'indice S&P 500 franchir la barre des 4.500 points dans quelques années. Cela fait longtemps que la politique monétaire gonfle les cours des actions, des obligations, de l'immobilier, de l'art, des voitures de collection, etc. Le fait que la planche à billets tourne désormais à plein régime va immanquablement alimenter une bulle plus importante encore. Or toute bulle est appelée à éclater... un événement qui ne devrait toutefois pas se produire avant plusieurs années.