Peabody Energy est le premier producteur de charbon privé au monde. Confronté à l'énorme malaise qui frappe l'ensemble du secteur, le groupe affichait fin 2015 une position nette d'endettement de plus de 6milliards de dollars et une ligne de crédit entièrement utilisée de 1,65milliard de dollars. Le géant américain du charbon n'est pas parvenu à négocier un rééchelonnement de sa dette dans les délais et a demandé une protection contre ses créanciers pour ses activités américaines le 13avril 2016 (procédure dite du " Chapitre11 "). Les opérations en Australie ne sont pas concernée...

Peabody Energy est le premier producteur de charbon privé au monde. Confronté à l'énorme malaise qui frappe l'ensemble du secteur, le groupe affichait fin 2015 une position nette d'endettement de plus de 6milliards de dollars et une ligne de crédit entièrement utilisée de 1,65milliard de dollars. Le géant américain du charbon n'est pas parvenu à négocier un rééchelonnement de sa dette dans les délais et a demandé une protection contre ses créanciers pour ses activités américaines le 13avril 2016 (procédure dite du " Chapitre11 "). Les opérations en Australie ne sont pas concernées. Vu l'endettement et compte tenu du sort qu'ont connu certains de ses concurrents - Walter Energy (entre-temps en faillite), Alpha Natural Resources et Arch Coal (toutes deux relancées, mais sans valeur résiduelle significative pour les anciens actionnaires) -, il était déjà clair à l'époque que la vente était la seule option envisageable. L'action de Peabody est depuis cotée sur le marché OTC (over-the-counter, l'équivalent du marché de gré à gré), sous le ticker BTUUQ. De la capitalisation boursière de 17,3milliards de dollars fin 2010, il ne reste que 41millions de dollars au cours actuel (2,22dollars). Près d'un an après l'introduction de la demande de protection de Peabody Energy, la justice américaine a annoncé le 16mars son accord sur le plan de restructuration que le groupe a soumis à ses créanciers. Bien qu'il permette de relancer les activités à partir d'avril, ce plan comporte comme prévu de mauvaises nouvelles pour les actionnaires: l'action disparaîtra des tables de cotation sans la moindre valeur en avril. La restructuration prévoit un abandon de créance pour plus de 5milliards de dollars parallèlement à l'abaissement de la structure des coûts et à la vente d'actifs non stratégiques. Après la relance des activités, une Peabody Energy 2.0 amaigrie demandera une nouvelle cotation boursière sur le New York Stock Exchange (NYSE). Moyennant deux grosses injections de capitaux de 750millions de dollars, l'entreprise disposera d'une position de trésorerie de 1milliard de dollars, avec encore 1,25milliard de dollars de dettes résiduelles. Il reste donc de l'espoir pour l'entreprise, mais pas pour les actionnaires existants. Reste à savoir si cet espoir est légitime. Le secteur du charbon fonde de grandes espérances sur les projets du président américain Donald Trump, qui souhaite rendre les États-Unis indépendants de tout approvisionnement énergétique extérieur, ce qui impliquerait notamment une dérégulation du secteur du charbon. Mais même si ces projets prennent corps au cours des années à venir, ils arriveront trop tard pour l'actuelle Peabody Energy. Nous conseillons de vendre les positions existantes tant que c'est encore possible (3C).