L'action du spécialiste louvaniste de l'impression 3D est passée de 35 à 70 dollars en quelques mois; son cours a même été multiplié par six depuis le plancher atteint en mars 2020. Materialise, cotée sur le Nasdaq depuis juin 2014 (12 dollars), existe depuis 30 ans. Avec une capitalisation boursière de 3,9 milliards de dollars, elle est un des principaux acteurs du secteur. Les attentes suscitées par l'impression 3D avaient déclenché une ruée fin ...

L'action du spécialiste louvaniste de l'impression 3D est passée de 35 à 70 dollars en quelques mois; son cours a même été multiplié par six depuis le plancher atteint en mars 2020. Materialise, cotée sur le Nasdaq depuis juin 2014 (12 dollars), existe depuis 30 ans. Avec une capitalisation boursière de 3,9 milliards de dollars, elle est un des principaux acteurs du secteur. Les attentes suscitées par l'impression 3D avaient déclenché une ruée fin 2013-début 2014, mais la transposition de la technologie en applications concrètes et rentables est beaucoup plus lente que prévu. Même après leur récent rebond, des titres comme 3D Systems, Stratasys ou Voxeljet s'échangent toujours entre 40% et 90% sous leurs niveaux de la fin 2013. Jusqu'à la mi-2020, Materialise a fluctué entre 6 et 20 dollars. Une politique de croissance organique, de collaborations et d'acquisitions a fait passer son chiffre d'affaires (CA) de 81,4 millions d'euros en 2014 à 196,6 millions en 2019. Malgré l'augmentation de 6% à 13,6% de la marge d'Ebitda, le résultat net est resté proche du seuil de rentabilité. Le pôle Software a achevé 2019 sur un CA de 41,6 millions (21,1% du CA du groupe) et une marge de Rebitda de 33,2%, contre 60,8 millions (30,9%) et 17,7% respectivement pour Medical. Manufacturing est la division la plus grande (94,2 millions; 48%), mais la moins rentable (12,9%). Software et Medical se sont bien comportées en 2020 (grâce à la pandémie), Manufacturing a chuté. Le CA du groupe aura sans doute cédé 12% (-14,3% après neuf mois) sur l'exercice. La hausse du cours s'est accélérée en janvier, après que 3D Systems a annoncé un CA de 170-176 millions pour le 4e trimestre (pronostic initial : 140 millions), ce qui fait rêver les investisseurs - bien trop tôt, à notre avis. Nous ne percevons aucune volonté de spéculation sur une éventuelle reprise; rien n'est jamais certain mais en cas de consolidation, Materialise serait selon nous plutôt acheteur. Les fondamentaux du secteur sont beaucoup plus solides qu'en 2013 et les perspectives sont favorables mais à 24 fois la valeur comptable, et à 15 fois le CA et une valeur de l'entreprise (EV) de 112 fois l'Ebitda escomptés pour 2021, l'action est trop chère. Vendre (rating 3B; cours: 69,35 USD).