On entend souvent dire, en Bourse, "Vendez en mai et partez". A quoi il faudrait en fait ajouter "Mais n'oubliez pas de revenir en septembre". Plusieurs études montrent que ce dicton n'est pas aussi farfelu qu'il n'y paraît. D'après des documents qui permettent de remonter jusqu'à la fin du 19e siècle, la période mai-août se solde effectivement, à Wall Street, par un rendement de 0% à 1,9% en moyenne, selon les paramètres de recherche et la période; alors qu'entre septembre et avril, le rendement moyen oscille entre 6% et 7%.
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On entend souvent dire, en Bourse, "Vendez en mai et partez". A quoi il faudrait en fait ajouter "Mais n'oubliez pas de revenir en septembre". Plusieurs études montrent que ce dicton n'est pas aussi farfelu qu'il n'y paraît. D'après des documents qui permettent de remonter jusqu'à la fin du 19e siècle, la période mai-août se solde effectivement, à Wall Street, par un rendement de 0% à 1,9% en moyenne, selon les paramètres de recherche et la période; alors qu'entre septembre et avril, le rendement moyen oscille entre 6% et 7%.N'allez toutefois pas croire que les mois de mai à août soient systématiquement source de déception pour les investisseurs en actions: au contraire, les rendements n'ont été négatifs que dans 40% des cas en plus d'un siècle, contre une moyenne de 28% sur l'année. Soit deux fois sur cinq ans en moyenne, contre un peu plus d'une fois sur quatre ans. Il y a donc des étés où tout se passe bien.Nul ne sait évidemment de quoi l'été sera fait, mais nous avons le sentiment que la Bourse fera mentir le dicton. Ne serait-ce que parce que son parcours a jusqu'à présent été pour le moins atypique. Traditionnellement, les marchés entament l'année en force. Cette fois, le Standard & Poor's 500 (l'indice des 500 plus grandes sociétés américaines) a chuté de 13,2% au cours des quatre premiers mois, la perte la plus importante sur cette période jamais enregistrée depuis la fin de la guerre (-9,9% il y a deux ans, au début de la crise sanitaire, -9,2% en 1973, époque de la première crise pétrolière, etc.). Sans rien garantir pour la suite, cette évolution prouve que les indices ont intégré bien des mauvaises nouvelles. Sans compter que la chute a continué durant la première quinzaine de mai. Il nous paraît donc judicieux d'acheter maintenant, en espérant des rendements supérieurs à la moyenne au cours des 12 mois qui viennent. Il peut sembler étrange, dans un contexte de guerre cruelle et peut-être longue en Ukraine, de stagflation et de crainte d'une récession dans l'Union européenne et aux Etats-Unis, et d'interminables confinements en Chine, de faire preuve d'optimisme au sujet des marchés boursiers. Mais ce ne serait pas la première fois depuis 10 ans que des informations décourageantes se mueraient en excellentes nouvelles pour les investisseurs (en actions). D'après nous, la pause marquée par l'inflation, conjuguée à la morosité des perspectives économiques, va inciter la banque centrale américaine à relever ses taux directeurs dans une mesure moindre que ce que prévoit le marché, de sorte que les taux longs devraient atteindre un plateau intermédiaire. C'est avant l'aube qu'il fait le plus sombre: nous refusons de céder au pessimisme et à la panique ambiants. Au vu de la remontée des indicateurs sous-jacents, juste au moment où la chute s'intensifie, nous serions bien moins enclins à vendre nos actions qu'à étoffer nos positions.