L'action Velcan a perdu 26% cette année. Or son évolution avait déjà déçu les deux années précédentes. De plus en plus d'investisseurs boudent l'entreprise, qui enregistre des progrès trop lents dans le développement de petites centrales hydroélectriques. Elle a mis fin à ses activités au Laos en 2015 (en empochant un maigre bénéfice) et en Indonésie début juillet (en vendant à perte Redelong). Dans la province indienne d'Arunachal Pradesh, ses trois grands projets - Tat...

L'action Velcan a perdu 26% cette année. Or son évolution avait déjà déçu les deux années précédentes. De plus en plus d'investisseurs boudent l'entreprise, qui enregistre des progrès trop lents dans le développement de petites centrales hydroélectriques. Elle a mis fin à ses activités au Laos en 2015 (en empochant un maigre bénéfice) et en Indonésie début juillet (en vendant à perte Redelong). Dans la province indienne d'Arunachal Pradesh, ses trois grands projets - Tato 1 (186 MW), Heo (240 MW) et Pauk (145 MW) - n'évoluent plus. D'ailleurs, la dépréciation de 2,2 millions d'euros, soit 16% de la valeur de ces actifs, que l'entreprise a actée fin 2017, en dit long sur la confiance qu'elle a dans ces projets. Une centrale est active: celle de Rodeio Bonito (15 MW), au Brésil, dont les revenus couvrent les charges d'exploitation. Restent les actifs financiers. Fin 2017, ils s'élevaient à 100,6 millions d'euros, ou 16 euros par action. Environ la moitié de ce montant est investie dans des obligations d'entreprises, principalement en dollar américain, dont la majorité est assortie d'une échéance résiduelle de moins de six ans. En outre, 6,2 millions d'euros sont investis dans des entreprises non cotées (1,1 million sous la forme de participations et 5,1 millions sous la forme de prêts), 1,5 million dans des actions cotées et 4,8 millions dans des fonds d'actions. Velcan conserve les 35,7 millions d'euros restants en espèces. En 2017, ses actionnaires ont approuvé le rachat de tout au plus 35% d'actions propres au cours des cinq années suivantes. Et, en l'absence de perspectives d'affectation des liquidités, un premier programme a été lancé en février; 323.475 actions ont été rachetées, soit 4,9% du flottant. Un tel programme est censé soutenir le cours, mais Velcan a refusé de payer plus de 9,5 euros par action. Le programme a été bouclé en juin et toutes les actions rachetées ont été détruites. Un autre programme a commencé en septembre, pour un maximum de 254.128 actions. Et c'est à n'y rien comprendre: cette fois, Velcan n'a pas voulu débourser plus de 8,1 euros par action. Le titre a immédiatement plongé sous ce niveau. A présent à 0,5 fois les actifs financiers et environ 0,4 fois la valeur comptable, sa valorisation est très basse. Rien ne nous incite, décidément, à recommander autre chose que de conserver l'action (rating 2B).