Comme dans l'or, il ne fait pas bon investir dans l'argent depuis quelque temps. Le cours du métal a déjà reculé de 14% depuis le début de l'année. On peut d'ailleurs remarquer que la correction subie par l'argent est nettement plus marquée que celle de l'or ces dernières années. Pourtant, les analystes soulignent que le risque de baisse de cours de l'argent reste plus élevé. En cause, tout d'abord : le coût de production marginal. Le cours de l'or est déjà retombé à ce niveau depuis la dernière correction. Si l'on tient compte du coût de production total, de nombreuses mines d'or fonctionnent à perte. Ce n'est pas du tout le cas pour l'argent. En effet, la majeure partie de l'argent extrait des mines l'est à titre secondaire de métaux de base comme le pl...

Comme dans l'or, il ne fait pas bon investir dans l'argent depuis quelque temps. Le cours du métal a déjà reculé de 14% depuis le début de l'année. On peut d'ailleurs remarquer que la correction subie par l'argent est nettement plus marquée que celle de l'or ces dernières années. Pourtant, les analystes soulignent que le risque de baisse de cours de l'argent reste plus élevé. En cause, tout d'abord : le coût de production marginal. Le cours de l'or est déjà retombé à ce niveau depuis la dernière correction. Si l'on tient compte du coût de production total, de nombreuses mines d'or fonctionnent à perte. Ce n'est pas du tout le cas pour l'argent. En effet, la majeure partie de l'argent extrait des mines l'est à titre secondaire de métaux de base comme le plomb et le zinc. Une baisse du cours de l'argent ne va donc pas entraîner de contraction de la production dans l'immédiat, contrairement à l'or, dont l'exploration est pour ainsi dire à l'arrêt. La grande quantité d'argent physique gérée par les trackers qui investissent dans le métal est un autre argument évoqué pour justifier le risque de recul du cours de l'argent. Les investisseurs détiennent toujours plus de 19.500 tonnes d'argent dans différents trackers physiques. C'est à peine moins que le niveau record de l'an dernier. La quantité d'or gérée se situe plus de 40% sous le niveau record d'il y a deux ans, après une sortie de plus de 1000 tonnes. L'argent est donc beaucoup plus exposé à de nouvelles ventes. Dans cet environnement hostile, le groupe canadien Silver Wheaton (SLW) tient le choc. Le cours de l'entreprise de streaming est inchangé par rapport au début de l'année, une performance nettement supérieure à celle du métal proprement dit. Les performances opérationnelles de SLW sont conformes aux attentes cette année. Le groupe a produit 8,4 millions d'onces d'équivalent argent (argent et or combinés) au 3e trimestre, ce qui porte le total depuis le début de l'année à 25,9 millions. SLW maintient ses prévisions de 36 millions d'onces, ce qui implique un net rebond de la production au 4e trimestre. La nouvelle mine de Constancia au Pérou et l'expansion de la mine de cuivre de Salobo au Brésil, notamment, doivent y contribuer. Par ailleurs, la production va également augmenter à San Dimas, alors que des couches de minerais plus riches sont exploitées à Valedero. SLW a vendu plus d'argent (8,7 millions d'onces) qu'il n'en a produit au cours du trimestre écoulé. De ce fait, les stocks de minerais invendus ont diminué, à 4,7 millions d'onces. SLW a perçu en moyenne 18,98 USD par once d'argent vendu au cours du trimestre, pour un coût opérationnel moyen de 4,59 USD l'once. Il en a résulté un bénéfice opérationnel de 81,6 millions USD. Le bénéfice net ajusté s'établissait à 0,2 USD par action. SLW a cependant dû acter au 3e trimestre 68 millions USD de dépréciations sur les flux d'argent provenant de Mineral Park (exploitant en faillite) et de Campo Morado (minerais épuisés). Mais cela ne représente que 3% de la production totale. Et quoi qu'il en soit, les cash-flows perçus par SLW sur les deux actifs restent beaucoup plus élevés que l'investissement initial. Un effet secondaire favorable de la baisse du cours de l'argent est qu'il est aujourd'hui plus facile pour SLW de conclure de nouveaux contrats. Les entreprises en quête d'un financement viennent elles-mêmes proposer leurs services.ConclusionVu les risques (opérationnels et financiers) plus faibles, nous trouvons le modèle d'affaires de SLW meilleur que celui des emprises minières opérationnelles. De plus, SLW est une entreprise de croissance : une hausse d'un tiers de la production, à 48 millions d'onces, est attendue en 2018. Nous assortissons l'action d'une limite d'achat pour le portefeuille modèle.Conseil: digne d'achatRisque: moyen Rating: 1B