La violence de la chute des marchés financiers fut surprenante, d'autant que le phénomène ne s'est pas arrêté aux seules Bourses. Bien sûr, l'activité économique est fortement perturbée par le Covid-19 - les entreprises, cotées ou non, sont touchées dans une mesure plus ou moins grande, et leurs bénéfices sont sous pression - et le lien causal est indéniable. Mais le repli des cours des métaux précieux et des actions minières est, lui, totalement dépourvu de logique. A un peu plus de 10%, le recul du cours de l'or est encore contenu, mais le tassement des cours de l'argent ...

La violence de la chute des marchés financiers fut surprenante, d'autant que le phénomène ne s'est pas arrêté aux seules Bourses. Bien sûr, l'activité économique est fortement perturbée par le Covid-19 - les entreprises, cotées ou non, sont touchées dans une mesure plus ou moins grande, et leurs bénéfices sont sous pression - et le lien causal est indéniable. Mais le repli des cours des métaux précieux et des actions minières est, lui, totalement dépourvu de logique. A un peu plus de 10%, le recul du cours de l'or est encore contenu, mais le tassement des cours de l'argent et des mines d'or et d'argent est aussi marqué que celui des indices boursiers. La situation a pourtant tourné en faveur de l'or ces dernières semaines. Risque de récession, menace d'instabilité du système financier, baisses des taux d'intérêt, mesures d'assouplissement de la politique monétaire pour des sommes vertigineuses et alourdissement des déficits budgétaires: ces facteurs se traduiront par un spectaculaire accroissement de la dette mondiale en 2020. Mais rien n'est épargné pour endiguer la crise sanitaire. En phase initiale d'un mouvement de panique, l'or n'offre manifestement aucune protection. On le sait depuis 2000 (-15%) et 2008 (-30%). En cause: le problème de liquidité des fonds spéculatifs (hedge funds), entre autres, que leurs créanciers contraignent à l'appel de marge (versement de liquidités pour couvrir les positions); les fonds vendent dès lors leurs actifs, y compris les valeurs refuge. Alors même que dans le monde réel, l'or et l'argent sont thésaurisés et les métaux précieux deviennent difficiles à trouver. Il n'est du reste pas rare que les primes atteignent 10%.L'on sait toutefois, depuis les années 2000 et 2008 toujours, que cet écart entre les deux mondes est de courte durée. Qu'il ne faut y voir qu'une anomalie certes marquée, mais brève. Que la reprise qui s'ensuivra sera d'autant plus spectaculaire. Cette reprise, nous l'escomptons dans les six à 12 mois. Nous ne serions pas surpris par exemple de voir l'or renouer avec les 1.900 dollars, le niveau record observé en 2011. Le phénomène constaté en début de semaine dernière pourrait d'ailleurs être important: pour la première fois depuis longtemps, les actions des mines d'or et d'argent se sont très bien comportées alors même que les marchés boursiers s'effondraient et que les métaux précieux (l'or et, surtout, l'argent) souffraient. Il pourrait s'agir d'un point d'inflexion crucial, un premier signal indiquant que le plancher a été atteint ou que le déclin a, au moins, amorcé sa phase finale. Nous renforçons donc notre position dans les mines d'or et d'argent. Et décidons de proposer, dans le prochain numéro, une analyse consacrée aux principales mines d'or (bien représentées au sein du VanEck Vectors Gold Miners), ainsi qu'une liste de trackers sur l'argent, actif illiquide et sévèrement sanctionné.