La crise financière de 2008-2009 a, chez nous, accru la défiance à l'égard des actions. Personne n'a oublié que la débâcle de Dexia et de Fortis avait fait perdre de l'argent aux investisseurs. Les actions restent considérées comme très risquées et quiconque envisage les marchés boursiers avec scepticisme se voit, au fil des crises (bancaire, de l'euro, commerciale, sanitaire, etc.), régulièrement donner raison.
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La crise financière de 2008-2009 a, chez nous, accru la défiance à l'égard des actions. Personne n'a oublié que la débâcle de Dexia et de Fortis avait fait perdre de l'argent aux investisseurs. Les actions restent considérées comme très risquées et quiconque envisage les marchés boursiers avec scepticisme se voit, au fil des crises (bancaire, de l'euro, commerciale, sanitaire, etc.), régulièrement donner raison. Or après la chute enregistrée en mars, les achats ont été étonnamment nombreux. A raison, selon nous - ce n'était en aucun cas le moment de capituler. Alors qu'une crise sanitaire suivie d'une crise économique a tout pour alimenter les angoisses, la situation n'a visiblement pas empêché les investisseurs européens - et, bien moins encore, les Américains - de profiter de l'affaissement pour acheter massivement.Les Européens ne comprennent que trop peu à quel point les banques centrales, Réserve fédérale américaine en tête, ont, avec leurs bazookas successifs, changé les règles du jeu, à l'avantage des investisseurs (en actions) et au détriment des épargnants. Nous sommes pour notre part convaincus que dans deux ou trois ans, les premiers se révéleront une fois encore les (grands) gagnants de la crise, dont les seconds seront à nouveau les victimes.La voie vers de nouveaux records à Wall Street est donc ouverte et l'indice Standard & Poor's 500 pourrait bien à terme franchir la barre des 4.000 points. Cela fait belle lurette que la politique monétaire dope les cours des actions, des obligations, de l'immobilier, de l'art et autres objets de collection, créant une bulle que le Covid-19 devrait faire non pas éclater, mais grossir davantage. L'explosion ne devrait pas se produire avant plusieurs années. L'investisseur en actions peut donc, d'ici là, espérer d'autres hausses encore. Mais à court terme, disons dans les trois à quatre prochains mois, la prudence restera de mise. Le plongeon de mars a été spectaculaire et le redressement enregistré depuis l'est presque autant. Mais l'anticipation nous paraît exagérée et le 3e trimestre devrait s'avérer beaucoup plus compliqué pour les marchés boursiers. Un sommet intermédiaire va s'imposer - à cause du risque d'assister à une reprise de l'épidémie, des exécrables résultats du 2e trimestre, des perspectives modérées pour le 2e semestre, des tensions sociales aux Etats-Unis, du regain des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, des incertitudes qui entourent l'issue de l'élection présidentielle américaine, etc. Autant de raisons de mettre à l'abri, dans les semaines et les mois qui viennent, tout ou partie des bénéfices récemment accumulés. Une rechute de 10% à 15% vers l'automne nous semble parfaitement envisageable. Il s'agira là d'une (dernière) excellente opportunité d'achat. Dans l'intervalle, l'investisseur actif peut prendre une partie de ses bénéfices.