Les pays émergents avaient connu un excellent cru en 2017, mais Donald Trump est venu jouer les trouble-fêtes en 2018, appliquant la politique protectionniste qu'il avait érigée en slogan de campagne: "L'Amérique d'abord". La semaine suivant la victoire surprise du nouveau président américain en octobre 2016 avait d'ailleurs déjà été marquée par un vent de panique dans la sphère émergente, avec un recul de 7% pour l'indice MSCI Emerging Markets.
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Les pays émergents avaient connu un excellent cru en 2017, mais Donald Trump est venu jouer les trouble-fêtes en 2018, appliquant la politique protectionniste qu'il avait érigée en slogan de campagne: "L'Amérique d'abord". La semaine suivant la victoire surprise du nouveau président américain en octobre 2016 avait d'ailleurs déjà été marquée par un vent de panique dans la sphère émergente, avec un recul de 7% pour l'indice MSCI Emerging Markets. Après dissipation de l'affolement initial, les marchés émergents avaient en 2017 renoué avec l'essor entamé au printemps 2016. Leur ascension a toutefois brusquement pris fin au printemps 2018, sous l'effet de deux facteurs: l'envenimement rapide du bras de fer commercial engagé par Donald Trump avec la Chine et l'essor conjoncturel américain permis par la nette baisse de l'impôt sur les sociétés fin 2017, qui a tiré les taux américains et le dollar vers le haut. Or, traditionnellement, ces facteurs pèsent sur les marchés émergents.Le tracker le plus suivi, l'iShares MSCI Emerging Markets ETF (42,8 dollars; ticker EEM; coté sur le NYSE, code ISIN US4642872349), avait encore atteint un sommet à plus de 51 dollars fin janvier 2018, pour ensuite perdre 27%, à 37,5 dollars fin octobre, restant dans l'ombre du MSCI World. Les Bourses chinoises ont aussi cédé du terrain en 2018.Début 2018, nous constations encore un afflux net massif vers les fonds des marchés émergents. Mais la donne a rapidement changé au fil de l'année, avec un rapatriement massif des liquidités vers les Etats-Unis, comme chaque fois que des doutes sur la conjoncture mondiale et/ou que des tensions géopolitiques apparaissent. Nous pensons toutefois que la phase de sous-performance des marchés émergents par rapport aux marchés matures est derrière nous, pour les raisons suivantes: • Envolée de l'indice dollar: l'année 2018 fut marquée par la vigueur du dollar, qui a pénalisé les marchés émergents. Avec le ralentissement de la dynamique conjoncturelle outre-Atlantique, le billet vert devrait s'affaiblir modérément. La dépréciation du dollar est une condition essentielle au redressement des marchés émergents.• Revirement total du sentiment: l'optimisme débridé des investisseurs et des analystes sur le marché américain a fait place au pessimisme.• Valorisation inférieure à la moyenne: les marchés émergents sont à nouveau bien meilleur marché que la moyenne de l'indice mondial (11,5 fois le bénéfice escompté, contre 14,5 fois pour le MSCI World), et dans une perspective historique également, les marchés émergents sous-performent de quelque 20% la moyenne (1,65 fois la valeur comptable moyenne, contre 2 fois pour l'indice phare des Bourses mondiales). • Amélioration de l'image technique: le tableau technique des marchés émergents s'éclaircit, même s'il n'y a dans l'immédiat pas lieu d'y investir massivement.