Quel bilan tirer de 2021 pour l'économie turque et la TRY?

Alors qu'il y a cinq ans, les Turcs payaient 3,7 livres (TRY), fin 2021, ils déboursaient 19,7 livres, soit près de 5,5 fois plus, pour 1 EUR. Le président, Recep Tayyip Erdogan, demeure convaincu qu'il faut maintenir les taux bas pour lutter contre l'inflation. Tous les économistes savent que c'est faux. Et ceux qui ont te...

Alors qu'il y a cinq ans, les Turcs payaient 3,7 livres (TRY), fin 2021, ils déboursaient 19,7 livres, soit près de 5,5 fois plus, pour 1 EUR. Le président, Recep Tayyip Erdogan, demeure convaincu qu'il faut maintenir les taux bas pour lutter contre l'inflation. Tous les économistes savent que c'est faux. Et ceux qui ont tenté d'imposer une autre politique en la matière en Turquie ont été licenciés. Le principal taux directeur s'élève à présent à 14%. Comme l'inflation ne cesse de s'accélérer (le taux atteint déjà 20%), les taux d'intérêt doivent encore baisser, affirme le président de la République de Turquie. Sans surprise, l'économie turque, qu'affecte en outre la situation sanitaire, est à la peine. La Turquie tire énormément de recettes de ses exportations, que la grande faiblesse de la TRY facilite. Mais les produits importés, eux, sont devenus inabordables. Le président de la Turquie demande à ses concitoyens de lui faire confiance et de faire preuve de patience. Pour lui, la faiblesse de la livre est le fruit de la spéculation à l'étranger; pour ses détracteurs, elle résulte de plusieurs années de politique économique calamiteuse. Si les taux d'intérêt continuent de baisser, l'inflation va encore s'accélérer, et la plupart des Turcs, qui voient déjà leur pouvoir d'achat s'amenuiser depuis belle lurette, s'appauvriront davantage. Si les taux sont encore abaissés, la valeur de la TRY s'érodera toujours plus. La vente de réserves de dollars et le rachat de livres par la banque centrale turque ne soutiennent que peu de temps la monnaie. Sans relèvement des taux, le naufrage semble inéluctable.