Nous allons bientôt entamer le dernier trimestre de l'année 2016. Bien entendu, il est encore très tôt pour tirer de (grandes) conclusions sur l'année boursière en cours. Mais il semble quand même que nous aurons assisté cette année à plusieurs glissements par rapport aux années précédentes. Le consensus assez solide parmi les stratèges du début de cette année, selon lesquels les thèmes financiers dominants des années précédentes seraient à nouveau ceux de 2016, semble battu en brèche.
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Nous allons bientôt entamer le dernier trimestre de l'année 2016. Bien entendu, il est encore très tôt pour tirer de (grandes) conclusions sur l'année boursière en cours. Mais il semble quand même que nous aurons assisté cette année à plusieurs glissements par rapport aux années précédentes. Le consensus assez solide parmi les stratèges du début de cette année, selon lesquels les thèmes financiers dominants des années précédentes seraient à nouveau ceux de 2016, semble battu en brèche. Les tenants du consensus pourront naturellement objecter qu'il s'agit d'un phénomène (très) passager, et non pas d'une passation de pouvoir. Nous y voyons davantage qu'un effondrement temporaire de quelques grands thèmes qui ont dominé le monde financier ces dernières années. Le retour sur le devant de la scène de plusieurs thèmes restés très en retrait ces dernières années nous semble également un peu trop marqué pour être ignoré sans autre forme de procès. Nous énumérons les principaux glissements parce que nous pensons que ces tendances, ces infléchissements pourraient se prolonger quelques années. Nous devrons ainsi en tenir compte dans la composition du portefeuille d'actions.• Le retour de l'or et des autres matières premières : dans ce domaine, nous avons assisté à un retournement de tendance spectaculaire depuis le début de l'année. Il y a d'abord eu le retour du métal jaune, qui a profité des doutes relatifs à l'efficacité de la politique monétaire extrêmement souple menée en raison de la stagnation économique persistante, laquelle a également ralenti le rythme des relèvements des taux aux États-Unis. Les autres matières premières ont suivi quelques mois plus tard. La longue baisse structurelle amorcée en 2011 semble arriver à son terme. Deux éléments cruciaux sont bien entendu la disparition du pessimisme autour de la Chine et un meilleur équilibre entre l'offre et la demande par rapport à ces dernières années. Cela vaut par exemple déjà pour le cours du zinc.• Le retour des marchés émergents : ces dernières années, la surperformance des marchés développés par rapport aux marchés émergents était spectaculaire. Bien entendu, il y avait des doutes concernant la croissance de la Chine et l'important recul économique au Brésil et en Russie, notamment, mais il y a également eu la hausse du dollar et la crainte de nombreux relèvements de taux aux États-Unis. Tout ceci s'avère aujourd'hui très exagéré. • Le retour des actions de valeur : nous l'avons déjà évoqué dans une stratégie précédente. Longtemps, les actions de croissance plus risquées ont triomphé des actions de valeur, plus défensives. Le tableau a beaucoup évolué ces derniers mois. Les valeurs de croissance, aux valorisations assez tendues, subissent une pression croissante et les résultats devront satisfaire à des attentes très élevées. Les portefeuilles sont restructurés au profit des actions de valeur, d'autant qu'un nouveau relèvement des taux aux États-Unis est en chantier. Les deux premiers thèmes, surtout, laissent présager que l'appréciation du dollar américain (USD), qui s'est arrêtée depuis un an, ne reprendra pas et qu'un inversement de tendance n'est pas à exclure à moyen terme. Il ne faut donc pas s'attendre à un dollar USD beaucoup plus vigoureux dans les prochains mois.