Les marchés boursiers occidentaux parviendront-ils à tenir le rythme de croissance qu'ils ont adopté en mars 2009 ? Contrairement à l'an dernier, nous ne saurions être aussi affirmatifs dans notre réponse. Les marchés boursiers américains, particulièrement, nous inquiètent. Or Wall Street reste un exemple pour les autres marchés, principalement européens. Tout d'abord, il y a le problème de la durée et de l'ampleur du marché haussier (désormais, 81 mois, contre une moyenne de 57 mois au cours du siècle écoulé, ainsi qu'une hausse de 215% pour le S...

Les marchés boursiers occidentaux parviendront-ils à tenir le rythme de croissance qu'ils ont adopté en mars 2009 ? Contrairement à l'an dernier, nous ne saurions être aussi affirmatifs dans notre réponse. Les marchés boursiers américains, particulièrement, nous inquiètent. Or Wall Street reste un exemple pour les autres marchés, principalement européens. Tout d'abord, il y a le problème de la durée et de l'ampleur du marché haussier (désormais, 81 mois, contre une moyenne de 57 mois au cours du siècle écoulé, ainsi qu'une hausse de 215% pour le S&P500, contre une moyenne de 165%). Dès lors, il nous semble difficile que les marchés continuent sur cette lancée, à plus forte raison maintenant que les deux paramètres de soutien de cette progression (assouplissement monétaire et bénéfices des entreprises en forte hausse) ne remplissent plus ce rôle. La politique monétaire américaine a connu un revirement, et les bénéfices des entreprises traversent une phase qu'on pourra bientôt qualifier de récession. Les indicateurs de long terme continuent donc de s'affaiblir. En cas de repli sous 1850 points de l'indice S&P500, la fête sera finie et un nouveau marché baissier prendra la place.Compte tenu de la politique monétaire encore souple de la BCE, du faible niveau de l'euro, du redressement économique prudent, du rendement de dividende moyen élevé et le fossé, en termes de valorisation, par rapport à Wall Street, l'Europe semble disposer de meilleurs atouts. Et cette situation devrait perdurer au moins quelque temps. Pour autant, nous ne jouerions plus pleinement la carte des actions européennes. Compte tenu, surtout, du risque de (sérieux) repli de Wall Street. Une fois que l'indice Stoxx600 aura reculé sous 330 points et que l'Eurostoxx50 aura reflué sous 3000 points, la tendance haussière sera, ici aussi, révolue. Plusieurs marchés émergents (dont le Brésil) devraient cependant former un plancher l'an prochain.Déplacer l'accentCe revirement n'est cependant pas encore pour tout de suite. La tendance demeure haussière jusqu'à nouvel ordre. Mais la prudence reste de mise : il faudra pouvoir réagir rapidement si cela s'avère nécessaire. Nous prévoyons en effet une année boursière 2016 mouvementée, assurément plus volatile que cette année. Ce qui est révélateur d'un revirement de tendance (imminent). C'est la raison pour laquelle nous déplaçons de plus en plus l'accent sur les thèmes de l'agriculture et de l'or, dont nous anticipons un come-back (spectaculaire) après près de cinq années de marché baissier. Nous resterions cependant toujours attentifs aux valeurs à dividende stable, capables de traverser des phases de perturbation sans trop de heurts. De même, nous allons encore surfer un peu sur la vague de fusions et d'acquisitions.