Le 9 mars 2009, absolument rien ne laissait présager que Wall Street entamait sa plus longue remontée depuis 1900 - un mouvement d'une durée de 114 mois, ou neuf ans et demi, pour l'heure. Traditionnellement, le terme "marché haussier" (bull market) traduit une hausse de plus de 20% par rapport au plancher, qui perdure aussi longtemps qu'aucun repli de plus de 20% n'intervient. Ce qui est le cas depuis le printemps 2009. Seules les années 1920 et 1990 ont été les témoins de marchés haussiers qui ont duré 90 mois au moins. La durée historique moyenne des marchés ha...

Le 9 mars 2009, absolument rien ne laissait présager que Wall Street entamait sa plus longue remontée depuis 1900 - un mouvement d'une durée de 114 mois, ou neuf ans et demi, pour l'heure. Traditionnellement, le terme "marché haussier" (bull market) traduit une hausse de plus de 20% par rapport au plancher, qui perdure aussi longtemps qu'aucun repli de plus de 20% n'intervient. Ce qui est le cas depuis le printemps 2009. Seules les années 1920 et 1990 ont été les témoins de marchés haussiers qui ont duré 90 mois au moins. La durée historique moyenne des marchés haussiers est de 54 mois, soit quatre ans et demi. L'envolée que nous connaissons actuellement est donc déjà plus de deux fois plus longue que la moyenne!Mais tout revient toujours à l'équilibre, y compris et surtout en Bourse. Conformément à ce qui avait été constaté à la fin des années 1990 (actions TMT), plus la hausse se prolonge, plus la base sur laquelle elle s'appuie s'étrécit. Il est un fait que la progression actuelle repose (essentiellement) sur les valeurs technologiques: comme nous l'avions indiqué précédemment déjà, 80% de la hausse ne sont plus, cette année, imputables qu'aux seules actions Apple, Amazon, Microsoft et Netflix. A mesure que le marché haussier gagne en maturité, la surperformance du Nasdaq (à forte connotation technologique) par rapport au Standard & Poor's 500 et, plus encore, au Dow Jones (dominé par les valeurs industrielles classiques) s'accentue. Ce qui explique aussi, dans une large mesure, l'écart croissant entre les Bourses américaines et européennes, où aucune grande valeur technologique ne domine. Ni l'Euro Stoxx 50, ni le Stoxx 600, n'ont enregistré depuis le printemps 2015 de record par rapport au plancher de 2009 et nous craignons de ne pas voir émerger de nouveaux sommets avant au moins douze mois.Nombre de valeurs classiques ont même d'ores et déjà amorcé leur recul. Le poids des valeurs qui continuent à progresser ne cessant de croître, l'indice Nasdaq va donner une image de plus en plus biaisée de la réalité. L'indice fait par ailleurs manifestement mieux que l'action médiane (performance moyenne de toutes les actions). La plupart du temps, indice et médiane sont proches - sauf, donc, aux alentours des sommets et des planchers, comme ce fut le cas en 1997-2003, en 2017 et comme ça l'est à nouveau cette année. Cette évolution doit inciter à la prudence: pour un temps au moins, les Bourses vont cesser de danser. Pour ne pas rester trop longtemps à une fête qui tire à sa fin, sous peine de souffrir d'un gros mal de crâne le lendemain, nous passons de premiers ordres de vente. Vous constaterez qu'il s'agit d'un processus graduel. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant que les marchés renouent d'abord avec une croissance de quelques semaines, voire de quelques mois - d'où l'accent mis sur la progressivité.