La guerre en Ukraine a fait exploser les prix du pétrole brut. Le mois dernier, le baril West Texas Intermediate (WTI) a atteint près de 130 dollars et le Brent est monté légèrement au-delà. Si depuis, leur cours est redescendu, le marché reste néanmoins très tendu: le contrat qui arrive à terme en mai 2022 coûte 12 dollars de plus que celui qui expire en mai 2023, par exemple. C'est l'incertitude quant à l'évolution de la d...

La guerre en Ukraine a fait exploser les prix du pétrole brut. Le mois dernier, le baril West Texas Intermediate (WTI) a atteint près de 130 dollars et le Brent est monté légèrement au-delà. Si depuis, leur cours est redescendu, le marché reste néanmoins très tendu: le contrat qui arrive à terme en mai 2022 coûte 12 dollars de plus que celui qui expire en mai 2023, par exemple. C'est l'incertitude quant à l'évolution de la demande qui explique cette situation de déport. Le marché considère en tout cas que les prix de l'or noir ne resteront pas indéfiniment élevés.Dans son dernier rapport mensuel en date, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) indique que la demande de pétrole brut en 2022 n'augmentera pas autant qu'elle l'avait estimé. L'institution pronostique désormais une consommation de 99,4 millions de barils par jour; ce serait, par jour, 1,9 million de barils de plus qu'en 2021, mais 260.000 barils de moins qu'escompté. Si elle a revu ses projections à la baisse, c'est entre autres en raison du ralentissement de la croissance économique en Chine, dû aux nouvelles mesures anti-coronavirus. La croissance de la demande chinoise n'a pas dépassé 400.000 barils par jour au 1er trimestre de 2022, contre 800.000 au 4e trimestre de 2021. L'offre mondiale de pétrole brut s'est accrue de 450.000 barils, à 99,1 millions d'unités par jour, le mois dernier; une évolution que l'on doit surtout à des pays non membres de l'Opep+ - le cartel, lui, se montre réticent à pomper davantage de pétrole - et aux Etats-Unis, qui puiseront dans leurs réserves stratégiques pour mettre sur le marché un million de barils par jour au cours des six prochains mois. L'AIE s'attend à une baisse de la production pétrolière russe de 1,5 million de barils par jour ce mois-ci. En mai, ce chiffre passera même à trois millions. Les sanctions économiques contre la Russie n'y sont pas étrangères. L'Opep a, à l'instar de l'AIE, revu ses pronostics. Le cartel ne table désormais plus que sur une consommation mondiale de pétrole de 100,5 millions de barils par jour et s'attend à un excédent d'offre de 1,3 million de barils par jour en 2022.