L'économie japonaise a enregistré une croissance de 1,6% sur une base annuelle au cours des trois premiers trimestres de 2016. Cette performance repose avant tout sur la consommation intérieure et le redressement des exportations au troisième trimestre. Remarquons également que ce sont surtout les séniors qui soutiennent la consommation. Alors qu'ils constituent plus d'un tiers de la population japonaise, les plus de 60 ans prennent à leur compte près de la moitié des dépenses de consommation. Inquiets pour leurs vieux jours, les plus jeunes - toujours confrontés à une stagnation des salaires - épargnent davantage....

L'économie japonaise a enregistré une croissance de 1,6% sur une base annuelle au cours des trois premiers trimestres de 2016. Cette performance repose avant tout sur la consommation intérieure et le redressement des exportations au troisième trimestre. Remarquons également que ce sont surtout les séniors qui soutiennent la consommation. Alors qu'ils constituent plus d'un tiers de la population japonaise, les plus de 60 ans prennent à leur compte près de la moitié des dépenses de consommation. Inquiets pour leurs vieux jours, les plus jeunes - toujours confrontés à une stagnation des salaires - épargnent davantage. Les investissements des entreprises sont toujours aux abonnés absents, malgré les marges bénéficiaires et la position de trésorerie record des entreprises japonaises. Depuis le début de 2016, le yen japonais affiche un gain de 6% vis-à-vis de l'euro et de 2% vis-à-vis du dollar. La monnaie a cependant perdu du terrain depuis fin octobre. Le yen n'avait cessé de s'apprécier au cours des neuf premiers mois de l'année, alors que la Réserve fédérale différait ses relèvements des taux et que le référendum sur le Brexit pesait sur l'euro. De plus, la Banque centrale japonaise a continué de soutenir sa propre monnaie avec son programme de rachat d'obligations. Mais l'élection de Trump a accru la probabilité de nouveaux relèvements des taux aux États-Unis, et la Banque du Japon a abandonné son programme de rachat d'obligations au profit d'un contrôle de la courbe de taux: désormais, elle ne rachète des obligations publiques que si les taux s'écartent de son objectif.L'OCDE prévoit une croissance de 1% au Japon l'an prochain. Mais l'économie reste exposée à des risques intérieurs comme extérieurs. Ainsi les salaires ne progressent-ils pas malgré la pénurie sur le marché du travail. La grande protection dont jouissent les salariés incite les entreprises à engager surtout des travailleurs temporaires dont le pouvoir de négociation est moindre. On ne sait pas encore si la réforme du marché du travail prévue par le Premier ministre Shinzo Abe sera effectivement mise en oeuvre. Les risques ont également augmenté à l'étranger. La Chine - qui représente un quart des exportations japonaises - est confrontée à un ralentissement de la croissance. Aux États-Unis, les entreprises exportatrices japonaises ne profiteront des plans de relance de Trump que si ce dernier ne limite pas les échanges commerciaux.Au cours du mois écoulé, la dépréciation du yen japonais vis-à-vis du dollar et de l'euro avait été largement anticipée. Un nouvel affaiblissement est donc peu probable au cours de l'année à venir. Le cours de change s'est adapté à la nouvelle donne aux États-Unis, où l'on attend trois nouveaux relèvements des taux, et à la modification du programme de rachat d'obligations de la Banque du Japon. Des turbulences sur les marchés financiers, par exemple à la suite d'un fort retentissement de la croissance en Chine, pourraient à nouveau entraîner une appréciation du yen. Malgré la dette publique abyssale du Japon, le yen est toujours considéré comme une monnaie refuge.