Le prix du minerai de fer, qui s'est montré très résistant au plus fort de la crise, en mars, a considérablement augmenté ces dernières semaines. Récemment, il a atteint à nouveau 100 dollars la tonne. La production d'acier, toujours élevée, en Chine et la perturbation de l'approvisionnement expliquent cette progression. Les plus grands producteurs d'acier chinois sont situés dans le nord-est du pays, région qui a relativement peu souffert des mesures ...

Le prix du minerai de fer, qui s'est montré très résistant au plus fort de la crise, en mars, a considérablement augmenté ces dernières semaines. Récemment, il a atteint à nouveau 100 dollars la tonne. La production d'acier, toujours élevée, en Chine et la perturbation de l'approvisionnement expliquent cette progression. Les plus grands producteurs d'acier chinois sont situés dans le nord-est du pays, région qui a relativement peu souffert des mesures de lutte adoptées contre la pandémie. La demande d'acier pour les projets d'infrastructure, existants et nouveaux, est restée soutenue, de même que la demande de minerai de fer. Cependant, l'approvisionnement en provenance de l'Australie et du Brésil a été réduit, contraignant la Chine à puiser dans ses réserves de minerai de fer. Le Brésil, deuxième exportateur du minerai après l'Australie, qui, elle, a peu souffert des mesures anti-coronavirus, a vu ses chiffres de production et d'exportation baisser à moins de 75% des niveaux prévalant avant la pandémie. Vale, par exemple, qui a dû fermer un certain nombre de ses mines, a déjà abaissé sa production prévisionnelle de minerai de fer pour 2020 d'environ 30 millions de tonnes.Pour l'instant, le prix du minerai de fer se comporte comme en 2019. L'été dernier, le prix de la tonne avait atteint un sommet, 120 dollars. Mais il était retombé à moins de 80 dollars en novembre. Et il est probable que l'on assiste au même scénario au second semestre de cette année. En effet, la production chinoise d'acier baisse traditionnellement après le pic qu'elle atteint en été. En outre, cet automne, le gouvernement chinois prendra des mesures en vue de limiter la pollution atmosphérique, y compris dans le secteur minier. La demande de minerai de fer est donc appelée à diminuer progressivement. Et sauf nouvelle vague de coronavirus, l'offre reviendra elle aussi à la normale au cours des mois à venir. Pour Rio Tinto et BHP Billiton, la hausse des prix du minerai durant le semestre qui s'achève est une bonne nouvelle. Les deux groupes ont confirmé leurs prévisions de production pour l'exercice courant, à l'inverse de Vale. Mais la valorisation moins élevée de ce dernier en fait une action plus intéressante, associée à un risque toutefois légèrement plus important.