Le constructeur allemand de voitures de luxe Daimler AG a publié à la mi-juillet, plusieurs semaines avant la date prévue et annoncée, des résultats "provisoires" et non audités pour le deuxième trimestre. Comme si la direction trépignait trop pour attendre d'annoncer que la situation opérationnelle était nettement meilleure que ce que suggéraient les prévisions des analystes. Le constructeur automobile de Stuttgart (275.000travailleurs) avait déjà réservé des informations "historiques" et très réjouissantes pour les collaborateurs et les actionnaires. Pour la première fois de l'histoire du groupe, les ventes de Mercedes-Benz (nom apparu en 1926 avec la fusion de Benz et Daimler) avaient dépassé le cap du million de voitures de luxe au premier semestre. Cerise sur le gâteau, elles surpassaient éga...

Le constructeur allemand de voitures de luxe Daimler AG a publié à la mi-juillet, plusieurs semaines avant la date prévue et annoncée, des résultats "provisoires" et non audités pour le deuxième trimestre. Comme si la direction trépignait trop pour attendre d'annoncer que la situation opérationnelle était nettement meilleure que ce que suggéraient les prévisions des analystes. Le constructeur automobile de Stuttgart (275.000travailleurs) avait déjà réservé des informations "historiques" et très réjouissantes pour les collaborateurs et les actionnaires. Pour la première fois de l'histoire du groupe, les ventes de Mercedes-Benz (nom apparu en 1926 avec la fusion de Benz et Daimler) avaient dépassé le cap du million de voitures de luxe au premier semestre. Cerise sur le gâteau, elles surpassaient également celles de BMW et Audi, les grands concurrents allemands de la marque à l'étoile dans le segment des voitures de luxe. C'est la première fois depuis 2005 que Mercedes-Benz parvient à damer le pion à BMW en matière de ventes. Une nouvelle preuve que la revente de Chrysler (fusionnée en 1998 et revendue en 2007) a été une très bonne chose et que le groupe peut à nouveau se concentrer pleinement sur le développement et la croissance de la marque Mercedes. Le lancement réussi de nouveaux modèles et séries comme la classe S a permis de conquérir à nouveau des parts de marché. De plus, les lancements se sont sensiblement accélérés: sept nouveaux modèles ont été mis sur le marché cette année. Les ventes mondiales du groupe ont progressé de 12% au cours des six premiers mois de l'année, deux fois plus vite que la concurrence. Sur le marché chinois, le groupe enregistre une croissance de quelque 33%. Les SUV de Mercedes-Benz (notamment GLA, GLC, GLS,etc. ; +46% au premier semestre à 340.000 véhicules vendus, soit un tiers du total) se vendent comme des petits pains. Outre les voitures Mercedes, le groupe Daimler comprend également des camionnettes, camions et bus, mais aussi une très rentable division Services financiers (voitures en leasing; Athlon Car Lease International rachetée cette année). Le deuxième trimestre a donné lieu à un bénéfice opérationnel (EBIT) de 3,97milliards EUR, contre 3,76milliards EUR entre avril et juin 2015 (+5,5%). Les camionnettes se sont particulièrement bien distinguées au deuxième trimestre (EBIT passé de 238 à 462millions EUR), alors qu'il était plutôt question de statu quo (notamment dans les voitures) ou de légère baisse (pour Daimler Trucks) dans les autres divisions. Pour l'ensemble de l'exercice, le directeur (CEO) Dieter Zetsche table sur une légère augmentation de l'EBIT au niveau du groupe, avec une confirmation des tendances du premier semestre, alors que les analystes pronostiquent un recul du bénéfice. La réaction positive du marché était dès lors logique. En net contraste avec la baisse assez marquée du cours qui avait suivi les résultats du premier semestre, lorsque l'amélioration des ventes avait été éclipsée par la constitution d'une provision en vue de possibles investigations et actions juridiques pour dépassement des normes d'émissions de diesel. On remarque que la lourde amende infligée par l'UE _ d'environ 1 milliard EUR _ pour convention de prix dans la division Camions (Daimler Trucks) n'a pas pesé sur le redressement de l'action. À 7,5fois le bénéfice attendu pour cette année et une fois la valeur comptable, l'action Daimler est (très) bon marché dans une perspective historique. L'action affichait en moyenne une valorisation 30% plus élevée ces cinq dernières années. ConclusionDaimler ne figure pas depuis longtemps dans notre radar. Ce sont les évolutions très positives des ventes ces dernières années et sa faible valorisation qui ont changé la donne. Malgré le récent redressement du cours, nous nous trouvons toujours plus de 30% sous le sommet de l'an dernier. Nous attendons une poursuite de la "revalorisation" de l'action. D'où la limite d'achat pour le portefeuille modèle. Conseil : digne d'achatRisque : moyenRating : 1B