Le contraste entre les étés 2021 et 2020 ne saurait être plus grand. Le cours de l'or avait bondi l'an dernier de 24,6% et celui de l'argent, de 47,4%, et les sommets avaient été atteints dès le milieu de l'année. Aujourd'hui, la crainte de voir la Réserve fédérale revenir sur sa politique d'encouragement pèse sur le cours de l'or. L'on assiste au premier retour de l'inflation en Occident depuis plusieurs décennies, alors même que le métal jaune est en perte de vitesse. Etrange.
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Le contraste entre les étés 2021 et 2020 ne saurait être plus grand. Le cours de l'or avait bondi l'an dernier de 24,6% et celui de l'argent, de 47,4%, et les sommets avaient été atteints dès le milieu de l'année. Aujourd'hui, la crainte de voir la Réserve fédérale revenir sur sa politique d'encouragement pèse sur le cours de l'or. L'on assiste au premier retour de l'inflation en Occident depuis plusieurs décennies, alors même que le métal jaune est en perte de vitesse. Etrange.La notion de corrélation entre l'accélération de l'inflation et celle de l'or remonte aux années 1970-au début de la décennie 1980. A long terme, elle est loin d'être clairement établie - ce n'est que lorsque l'inflation est galopante que le lien est incontestable. Or les observateurs affirment que la flambée à laquelle nous assistons actuellement n'est que temporaire et ne dérapera pas. Est en revanche nettement plus claire, la relation entre incertitude croissante et hausse des cours des métaux précieux. L'envolée enregistrée au deuxième trimestre de 2020 s'expliquait par l'angoisse que faisait planer sur l'économie mondiale l'éclatement de la pandémie. Une angoisse aujourd'hui dissipée: malgré le variant Delta, le sentiment qui domine est celui de la réouverture et de la normalisation. Les métaux précieux se portent particulièrement bien lorsque les marchés boursiers sont en perte de vitesse, mais l'inverse est vrai également. Une constatation qui se vérifie une fois encore.Soyons francs: nous avions nous aussi affirmé qu'une correction succéderait à la nette augmentation de 2020, mais nous ne l'avions pas prévue si longue et si profonde. La reprise constatée au printemps semblait indiquer la fin du repli, or les cours sont retombés en été aux niveaux atteints trois mois auparavant. L'actuel accès de faiblesse n'affecte toutefois en rien notre confiance. Nous restons convaincus que le marché des métaux précieux a entamé une hausse séculaire, appelée à durer des années. Le laxisme des politiques fiscales et monétaires a conduit à une explosion de la dette à l'échelon mondial, dont finiront par souffrir les marchés financiers.A brève échéance toutefois, le potentiel est bien moins certain. Les cours pourraient se redresser franchement ces prochaines semaines mais à l'inverse, un repli sous les niveaux de soutien atteints en mars signifierait que la correction entamée il y a un an n'est toujours pas achevée. Si ce devait être le cas, nous devrions faire une croix sur le potentiel des actions des mines d'or et d'argent en 2021 et attendre 2022 et au-delà pour que le marché se redresse et atteigne de nouveaux sommets. Pour préserver autant que possible le rendement du portefeuille, nous devrions réduire nos positions, pour ne les reconstituer que fin 2021 ou en 2022. Il se peut que nous soyons appelés à annoncer rapidement des ordres pour le portefeuille modèle.