La crise est un véritable casse-tête pour les gouvernements, le secteur de la santé et énormément d'entreprises, d'indépendants et de salariés. Mais aussi pour les analystes fondamentaux, ces financiers qui calculent la valeur des entreprises sur la base de données fondamentales telles que la croissance du chiffre d'affaires et des bénéfices, le ratio d'endettement et les flux de trésorerie disponibles. Le Covid-19 a paralysé l'économie, qui devrait reculer de plus de 10% dans de nombreux pays en 2020. Du jamais vu, hors années de guerr...

La crise est un véritable casse-tête pour les gouvernements, le secteur de la santé et énormément d'entreprises, d'indépendants et de salariés. Mais aussi pour les analystes fondamentaux, ces financiers qui calculent la valeur des entreprises sur la base de données fondamentales telles que la croissance du chiffre d'affaires et des bénéfices, le ratio d'endettement et les flux de trésorerie disponibles. Le Covid-19 a paralysé l'économie, qui devrait reculer de plus de 10% dans de nombreux pays en 2020. Du jamais vu, hors années de guerre. Le confinement aura eu des répercussions dramatiques sur les résultats opérationnels de la plupart des entreprises. Les investisseurs privés utilisent souvent le ratio cours/bénéfice pour savoir si une action est onéreuse. Or les bénéfices de la plupart des sociétés vont plonger cette année - de 35% à 50% en moyenne.La majorité des actions affichent actuellement un rapport cours/bénéfice escompté pour 2020 très élevé, alors que ce même rapport, basé sur les bénéfices "historiques" de l'exercice 2019, est extrêmement faible. Faut-il dès lors calculer une moyenne? Eventuellement. Se concentrer sur 2021? C'est peut-être une meilleure approche encore mais si les nombreuses inconnues qui entourent l'évolution de la pandémie rendent les bénéfices de cette année déjà très incertains, comment espérer établir une estimation qui tienne plus ou moins la route pour l'an prochain? Dans un élan d'optimisme, le marché compte avoir quasi intégralement renoué avec les bénéfices de 2019 dès 2021. Mais quand un vaccin sera-t-il disponible? En combien de temps, et dans quelles proportions, sera-t-il administré? Nos comportements d'achat et autres ont-ils par ailleurs changé? Il est en réalité vain d'espérer pouvoir calculer les bénéfices que les entreprises réaliseront en 2021.Il pourrait en revanche être intéressant, pour l'investisseur privé, d'en examiner les rapports cours/valeur comptable. Parce qu'elle comprend les capitaux propres, la valeur comptable peut être considérée comme la "valeur minimale" de l'entreprise. Il est rare que ce paramètre change aussi spectaculairement que le chiffre d'affaires, le bénéfice ou le cash-flow opérationnel, même en cas de choc violent comme celui que nous subissons actuellement. Le rapport cours/valeur comptable des entreprises européennes tourne historiquement autour de 1,3 en moyenne. Les calculs révèlent qu'au vu de ce paramètre, les actions de la zone ne sont toujours pas onéreuses: la quasi-totalité des Bourses se situent sous cette moyenne, celles de Milan et de Madrid, fortement touchées, affichant même un rapport inférieur à 1. Wall Street, elle, est proche de 3, un niveau historiquement très élevé.