Bristol vient effectivement de présenter des résultats de phase III positifs pour son étude testant le deucravacitinib sur des patients atteints d'une forme modérée ou sévère du psoriasis. Comparer les deux molécules est cependant dangereux: l'une est un inhibiteur de la tyrosine kinase 2, l'autre, de l'interleukine IL-17A et 17F. Notons que le bimékizumab a surpassé le Cosyntex de Novartis, autre inhibiteur de l'IL-17A, qui rapporte trois mill...

Bristol vient effectivement de présenter des résultats de phase III positifs pour son étude testant le deucravacitinib sur des patients atteints d'une forme modérée ou sévère du psoriasis. Comparer les deux molécules est cependant dangereux: l'une est un inhibiteur de la tyrosine kinase 2, l'autre, de l'interleukine IL-17A et 17F. Notons que le bimékizumab a surpassé le Cosyntex de Novartis, autre inhibiteur de l'IL-17A, qui rapporte trois milliards de dollars par an. Il a obtenu une valeur PASI-90 (indice d'amélioration de la peau) de 85%, contre une PASI-75 (plus faible) de 69% en phase II pour le deucravacitinib (certes administré à des doses plus légères qu'en phase III). Le marché du psoriasis s'élève à 20 milliards de dollars, et devrait atteindre 24 milliards d'ici à 2028; il y a donc de la place pour tout le monde. L'autorisation est attendue pour 2021 en Europe et aux Etats-Unis. Le bimékizumab fait l'objet d'autres études de phase III encore, dont les résultats sont attendus d'ici à la fin 2021 (arthrite psoriasique et spondylarthrite axiale) et au premier semestre de 2023 (maladie de Verneuil). UCB a récemment présenté d'excellentes données à long terme issues de ses études de phase IIb sur l'arthrite psoriasique et la spondylarthrite axiale, marchés de croissance qui vaudront, ensemble, 14 milliards de dollars en 2028. Les analystes misent sur un sommet des ventes à 2-3,5 milliards d'euros, ce qui, par rapport au chiffre d'affaires escompté pour 2020 (5,05-5,15 milliards d'euros), est très élevé. Le moment est d'autant meilleur que les expirations de brevets des deux produits phares d'UCB approchent: à partir de 2022 aux Etats-Unis et en Europe pour l'antiépileptique Vimpat (ventes maximales escomptées: 1,5 milliard d'euros), de 2024 dans ces deux mêmes régions pour l'agent immunologique Cimzia (2 milliards). Ses récentes acquisitions devraient en outre contribuer à la croissance d'UCB dans quelques années. Après les 114,45 euros atteints en juillet, le repli espéré de l'action vers 90 euros s'est bel et bien produit, et nous relevons notre conseil à acheter (rating 1B). Pour notre part, au vu de sa décote de 40% sur sa valeur intrinsèque, nous continuons à préférer Tubize (1A), le holding.