L'été dernier, nous avons retiré du portefeuille modèle l'action du leader mondial de la location d'installations de forage pétrolier Transocean, pour réduire notre exposition aux prestataires de services pétroliers (représentés aussi par Euronav, TechnipFMC et Schlumberger), peu attrayants. La volatilité du titre s'est depuis confirmée: après un premier semestre en hausse (baril de pétrole au-dessus de 80 dollars), l'action a perdu plus de 30% à 8 dollars, puis a...

L'été dernier, nous avons retiré du portefeuille modèle l'action du leader mondial de la location d'installations de forage pétrolier Transocean, pour réduire notre exposition aux prestataires de services pétroliers (représentés aussi par Euronav, TechnipFMC et Schlumberger), peu attrayants. La volatilité du titre s'est depuis confirmée: après un premier semestre en hausse (baril de pétrole au-dessus de 80 dollars), l'action a perdu plus de 30% à 8 dollars, puis atteint un plancher à 6,19 dollars en décembre (-57% par rapport à début octobre). Nous avions acheté à 8 dollars à l'été 2017, mais ne sommes pas convaincus cette fois-ci. Transocean poursuit son repositionnement opérationnel, mais a émis 87% d'actions nouvelles depuis 2014. L'acquisition de Ocean Rig début septembre 2018 nous semble peu judicieuse, car outre l'émission de 26% d'actions nouvelles à des planchers historiques qu'elle a entraîné, sa contribution aux commandes est faible (743 millions de dollars, contre 12 milliards de dollars pour le groupe).Transocean a essuyé une perte de 2 milliards de dollars l'an dernier, dont 355 millions récurrents, et sera à nouveau dans le rouge en 2019 et 2020 (450 millions et 263 millions de pertes respectives estimées). Fin 2018, la dette nette s'élevait à 7,82 milliards de dollars, soit 7,4 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda) attendu pour 2019. Plus fondamentalement, les incertitudes pèsent sur les services pétroliers: l'espoir d'un redressement durable des cours est souvent contrarié (hausse au premier semestre 2018, net repli au deuxième semestre). La hausse amorcée en décembre 2018 risque à nouveau de prendre fin, puisque Donald Trump a récemment pressé l'Arabie Saoudite de brider les cours. Le secteur est soumis à une pression constante sur les marges. En outre, sous la pression climatique, les majors investissent moins dans les combustibles fossiles, et les services pétroliers perdront de leur attractivité à long terme. Transocean reste toutefois, de loin, le prestataire le plus sûr et robuste du secteur. La direction table toujours sur une amélioration à partir de 2020 et a annoncé un contrat de cinq ans pour une plateforme de forage en eaux ultra-profondes qui sera livrée en 2021. Sans précipitation, nous profiterions d'un redressement pour alléger les positions existantes (rating 2C).