La quête d'un cours plancher sur les marchés internationaux du pétrole tient de nombreux investisseurs en haleine. La décision de l'OPEP de ne pas intervenir du côté de l'offre et d'abandonner la formation d'un nouveau prix d'équilibre au fonctionnement normal du marché a entraîné une baisse de 60% du cours de l'or noir depuis l'été dernier.
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La quête d'un cours plancher sur les marchés internationaux du pétrole tient de nombreux investisseurs en haleine. La décision de l'OPEP de ne pas intervenir du côté de l'offre et d'abandonner la formation d'un nouveau prix d'équilibre au fonctionnement normal du marché a entraîné une baisse de 60% du cours de l'or noir depuis l'été dernier.Les fonds spéculatifs et autres investisseurs qui ont misé sur un redressement du cours du pétrole ont donc accumulé les pertes depuis fin novembre. Preuve que le prétendu "argent intelligent" n'est pas toujours positionné du bon côté. En décembre, 1,23 milliard USD ont été investis dans les quatre grands ETF ou trackers qui permettent de miser sur une hausse de pétrole. En janvier, ce chiffre avait déjà été atteint après un peu plus de deux semaines.ContangoOutre la baisse du cours proprement dit, il y a une autre raison pour laquelle on ne gagne pas d'argent sur les produits qui reflètent l'évolution des contrats à terme pour l'instant : la structure du prix de tels contrats. Le brut est en effet en situation de contango, ce qui signifie que les contrats à terme assortis d'une échéance ultérieure sont plus chers. Cela revêt une grande importance pour les produits financiers, comme la plupart des trackers et des produits à effet de levier sur le pétrole qui ne prévoient pas de livraison physique, mais roulent systématiquement leurs positions sur le mois suivant. Dans une situation de contango, le produit de la vente des contrats à terme arrivé à échéance permet d'acheter de moins en moins de nouveaux contrats. Ce phénomène est connu sous le nom de roll yield ou rendement de roulement négatif. Ce n'est pas un problème si l'ampleur de ce rendement reste limitée et est par exemple compensée par la hausse du cours de la valeur sous-jacente (dans ce cas, le pétrole brut). RaideMais la courbe des prix est actuellement très raide, avec d'importants écarts entre les contrats venant à échéance à des mois différents. Jugez-en vous-même : au moment d'écrire ces lignes, le contrat à terme NYMEX sur le WTI qui vient à échéance en mars s'échange à 46,67 USD. Le prix du futur août est déjà nettement plus élevé, à 50,54 USD. Et pour le contrat qui vient à échéance en mars 2005, les tables de cotation affichent 54,4 USD. Les futures qui viennent à échéance en 2007 coûtent même plus de 60 USD. Et la situation est identique pour le pétrole Brent de la mer du Nord. Les trackers qui reflètent l'évolution du cours du pétrole brut essuient déjà de lourdes pertes en ce début d'année. Les rendements se sont même nettement dégradés par rapport à l'été dernier. Nous analysons les trois plus grands trackers sur le pétrole en termes d'actifs sous gestion. Nous faisons abstraction des trackers à levier qui se rapprochent d'autres produits que vous pouvez également négocier sur Euronext.United States Oil FundTicker: USOBourse: NYSE Arcaémission: avril 2006Performance depuis le 01/01/2015: -14,1%Volume journalier moyen: 18,5 millionsActif sous gestion: 1,05 milliard USDFrais annuels de gestion: 0,45%Ce tracker émis par US Commodity Funds est de loin le plus grand ETF qui reflète l'évolution du cours du West Texas Intermediate (WTI) en termes de patrimoine géré. Les frais de gestion annuels sont très bas.iPath S&P GSCI Crude Oil Total Return Index ETNTicker: OILBourse: NYSE Arcaémission : avril 2006Performance depuis le 01/01/2015: -16,3%Volume journalier moyen: 1,8 millionActif sous gestion: 500 millions USDFrais annuels de gestion: 0,75%Les produits iPath font partie de la gamme de Barclays. Ce tracker coté sur le NYSE (ticker : OIL) est arrivé sur le marché quelques mois après USO. Il se distingue cependant de sa structure juridique, car l'USO est un ETF alors qu'OIL est une Exchange Traded Note (ETN). Une ETN est assimilée à une obligation subordonnée, ce qui représente un risque de crédit plus élevé dans le chef de l'émetteur. OIL n'achète pas de contrats à terme, mais suit l'évolution d'un indice sous-jacent, à savoir le S&P GSCI Crude Oil Total Return Index. Les frais annuels de gestion sont plus élevés que dans le cas d'USO. PowerShares DB Oil FundTicker: DBOBourse: NYSE ArcaPremière cotation: juin 2007Performance depuis le lancement: -15,1%Volume journalier moyen: 500 000Actif sous gestion: 280 millions USDFrais annuels de gestion: 0,75%Le PowerShares DB Oil Fund appartient à la famille Invesco, qui relève de la Deutsche Bank. Ce tracker suit l'évolution du Deutsche Bank Liquid Commodity Index /Optimum Yield Oil Excess Return qui se compose de contrats à terme ayant le WTI comme valeur sous-jacente. Les frais annuels de gestion sont du même niveau que ceux de l'OIL. On retiendra surtout que dans une situation de contango, il est préférable de ne pas conserver les trackers sur le pétrole brut trop longtemps en portefeuille afin de limiter les effets du rendement négatif induit par le roulement des positions. Raisonnement qui peut être étendu aux autres produits à effet de levier ayant le pétrole brut comme valeur sous-jacente. Le fait que le pétrole n'ait pas encore atteint son plancher et l'absence de tout indice de redressement de la valeur sous-jacente sont encore renforcés par l'effet du roll yield négatif. Les trackers évoqués ci-dessus l'illustrent clairement.