Dans un numéro précédent, nous avions évoqué une série de possibilités d'investir dans le nickel par le biais de trackers. Nous nous étions déjà livrés au même exercice avec le zinc en début d'année. La plupart des trackers sur les métaux de base suivent un indice synthétique qui reflète l'évolution du cours sur le London Metal Exchange (LME). Ils n'investissent donc pas dans le métal physique, et il n'y a bien entendu pas de livraison physique possible.
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Dans un numéro précédent, nous avions évoqué une série de possibilités d'investir dans le nickel par le biais de trackers. Nous nous étions déjà livrés au même exercice avec le zinc en début d'année. La plupart des trackers sur les métaux de base suivent un indice synthétique qui reflète l'évolution du cours sur le London Metal Exchange (LME). Ils n'investissent donc pas dans le métal physique, et il n'y a bien entendu pas de livraison physique possible.Mais il est également possible d'investir simultanément dans plusieurs métaux de base avec un seul et même produit. Le PowerShares DB Base Metals ETF fait en ce sens figure d'exception dans la gamme des trackers. Il est coté depuis janvier 2007 sur le NYSE Arca (ticker : DBB). PowerShares DB Base Metals Fund (DBB)Ticker: DBBCode ISIN: US73936B7055Performance depuis le 01/01/2015: -6,7%Rendement sur 12 mois: -9,4%Rendement sur 3 ans: -28,5%Actif sous gestion: 163,4 millions USDVolume journalier moyen: 214000Frais annuels de gestion: 0,75%DBB appartient à la famille PowerShares de l'émetteur Invesco, filiale de la Deutsche Bank, et reflète l'évolution du DBIQ Optimum Yield Industrial Metals Index. Cet indice est composé de contrats à terme sur l'aluminium, le cuivre et le zinc. Les participations sont repondérées en novembre de chaque année afin que chaque métal se voie à nouveau allouer le même poids de 33,3%. Ces pondérations peuvent en effet fluctuer entre-temps sous l'effet de l'évolution des cours et de la structure des prix des contrats à terme. Actuellement, le zinc affiche un poids de 34,15% dans l'indice. La position dans le zinc se compose de contrats à terme venant à échéance en février 2016. L'aluminium pèse 33,45% de l'indice, et il s'agit de futures venant à échéance en octobre 2015. La partie cuivre a un poids de 32,39%, ces contrats à terme venant déjà à échéance en avril 2015. Il va de soi que les gestionnaires roulent la position à l'approche de l'échéance afin d'éviter toute livraison physique. Les frais annuels de gestion s'élèvent à 0,75%. C'est assez élevé, mais conforme aux trackers déjà discutés sur les métaux de base. Ceux qui souhaitent investir à la fois dans le cuivre, le zinc et l'aluminium ont donc intérêt à acheter DBB au lieu de trois trackers individuels, qui les obligeront à payer trois fois les frais de gestion.La diversification peut cependant également être un inconvénient. Le produit n'est approprié que pour ceux qui veulent spécifiquement investir dans ces trois métaux, et avec une pondération égale. Si vous trouvez un de ces métaux moins intéressant ou vous voulez surpondérer un métal de base dans votre portefeuille, DBB n'est déjà plus une option. De même, le produit n'a aucun intérêt pour ceux qui veulent investir également dans le plomb, le nickel ou l'étain.Comme l'évolution du cours du DBB le démontre, les métaux de base sortent d'une période difficile. Et la donne n'a pas changé en 2015. Nous avons déjà abondamment discuté du cas du zinc (IB02-AB) et il n'y a guère de changement à signaler depuis. On attend toujours un déficit consécutif à une baisse de l'offre pour cette année, mais le cours ne l'a pas encore anticipé. Outre l'incertitude qui plane autour de la croissance économique en Chine, il y a l'ombre des réserves non publiées incluses dans des contrats de financement. La liquidation de ces contrats pourrait entraîner l'arrivée de grandes quantités de zinc sur le marché. Mais c'est donc loin d'être sûr.Le cuivre a clôturé l'année 2014 à son plus bas niveau depuis 2010, et a encore baissé depuis. Le mois dernier, le prix de la tonne de cuivre est même retombé sous la barre des 5400 USD, ce qui n'était plus arrivé depuis 2005. La production minière devrait augmenter de 1 à 1,6 million de tonnes cette année. En fait, une grande partie de cette augmentation était déjà attendue l'an dernier, mais plusieurs projets ont pris du retard. La demande de cuivre s'est maintenue l'an dernier en raison des achats étonnamment élevés du Chinese State Reserve Bureau (SRB), qui a reconstitué les réserves stratégiques de cuivre du pays. Cela a entraîné une pénurie sur le marché physique et des primes par rapport au cours officiel sur le LME. Le cuivre est considéré comme le métal de base le plus cyclique en raison de ses nombreuses applications dans différents secteurs. La récente révision à la baisse des prévisions de croissance mondiale à la fois par le FMI et la Banque mondiale ne lui a en tout cas pas été favorable. En raison de la croissance de la production, la suroffre de cuivre raffiné va atteindre 221.000 tonnes cette année, contre 59.000 tonnes l'an dernier. Les investisseurs doivent donc tenter d'estimer dans quelle mesure celle-ci est déjà intégrée dans le prix. Le niveau de 5000 USD est considéré comme une limite critique sous laquelle la plupart des producteurs de cuivre travaillent à perte.L'aluminium, enfin, avait bien commencé l'année avant de retomber à son niveau de début janvier. Ce métal souffre d'une surcapacité chronique depuis plusieurs années. Des fonderies anciennes et polluantes, contraintes de fermer, ont tout simplement été remplacées par de nouvelles installations établies dans des zones où l'énergie est moins chère. La croissance de la production minière restera relativement limitée cette année et l'an prochain. Du côté de la demande, l'aluminium profite d'une augmentation de la consommation de l'industrie et automobile et aéronautique. En raison des réserves élevées, il ne sera certainement pas encore question de déficit sur le marché de l'aluminium cette année.