Pendant longtemps, les huit rencontres annuelles (en moyenne toutes les 6 semaines) ont eu pour seul but de décider des taux (stabilité le plus souvent, mais aussi relèvement et abaissement). Dans la mesure où ces dernières années, le taux ne peut plus être abaissé, ces réunions déterminent seulement désormais si les vannes monétaires doivent être ouvertes plus largement encore.
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Pendant longtemps, les huit rencontres annuelles (en moyenne toutes les 6 semaines) ont eu pour seul but de décider des taux (stabilité le plus souvent, mais aussi relèvement et abaissement). Dans la mesure où ces dernières années, le taux ne peut plus être abaissé, ces réunions déterminent seulement désormais si les vannes monétaires doivent être ouvertes plus largement encore.La discussion promet d'être mouvementée entre le président de la Fed Ben Bernanke et les onze autres membres du FOMC. Car pour la première fois depuis longtemps, les tensions s'accroissent sur la quasi-totalité des marchés financiers : monétaires, obligataires, d'actions et de matières premières. La Banque centrale américaine a insinué qu'elle resserrerait sa politique monétaire et cette demi-annonce ne fut pas sans susciter une certaine inquiétude. Les membres de la Fed portent une lourde responsabilité.Dans leur lutte contre la crise, les banquiers centraux en ont clairement fait trop. L'inconvénient principal de cette stratégie est que les responsabilités politiques se sont diluées. Et les marchés financiers ont fini par ressembler à d'énormes casinos. 2.500 milliards USD partis en fuméeCes dernières semaines, nous comprenons enfin à quel point les marchés financiers sont devenus accros à l'argent gratuit et à quel point la hausse s'appuie uniquement sur les liquidités. Les responsables de la Fed savaient déjà que la tâche serait difficile mais ils se rendent compte aujourd'hui de la quasi-impossibilité de normaliser progressivement la politique monétaire. La moindre indication de changement a déjà coûté 2.500 milliards USD aux marchés financiers. Nous pouvons en déduire que la Banque centrale américaine fera preuve de la plus grande prudence. Ce mercredi, elle tentera donc de rassurer les marchés et de leur assurer qu'elle n'a pas prévu de changement brutal dans la politique monétaire. Plus encore qu'aux Etats-Unis, les Bourses européennes sont plus proches de leurs niveaux de soutien. Si la Fed ne parvient pas à calmer les investisseurs, ces niveaux cèderont et nous assisterons à une violente correction, ce qui nous contraindra peut-être à restaurer la couverture.La probabilité est cependant plus grande que la Fed parvienne à rassurer les foules et que les niveaux de soutien tiennent le coup, au moins cette fois. Auquel cas nous devrons être prêts, dans le cadre de la gestion active de notre portefeuille, à ramasser quelques valeurs en retrait et à alléger notre couverture. Même si cela ne sera évidemment pas simple, selon nous, de se hisser vers de nouveaux sommets. Nous verrons. Si la tentative de vaincre de nouveaux sommets échoue, nous y verrons la preuve que les marchés d'actions sont en train de former un sommet depuis la mi-mai. Ces dernières semaines ont d'ores et déjà démontré que les cours des actions et des obligations pouvaient encore sensiblement baisser...