L'inconvénient majeur d'une période faste est que l'après ne peut qu'aller moins bien... La période comprise entre janvier et avril fut exceptionnellement favorable sur les marchés européens, avec une hausse moyenne des indices de 20 à 25%. Nous avions signalé, en avril et mai, que cette situation n'était pas tenable et que nous ne serions pas étonnés que l'euphorie se calme à l'approche de l'été. Simplement parce que les quatre à six mois précédents avaient été exceptionnels. Nul besoin d'avoir une boule de cristal pour l'anticiper.
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L'inconvénient majeur d'une période faste est que l'après ne peut qu'aller moins bien... La période comprise entre janvier et avril fut exceptionnellement favorable sur les marchés européens, avec une hausse moyenne des indices de 20 à 25%. Nous avions signalé, en avril et mai, que cette situation n'était pas tenable et que nous ne serions pas étonnés que l'euphorie se calme à l'approche de l'été. Simplement parce que les quatre à six mois précédents avaient été exceptionnels. Nul besoin d'avoir une boule de cristal pour l'anticiper.Après une hausse de cette ampleur, les investisseurs recherchent généralement des prétextes pour pouvoir acter leurs bénéfices. Et le Premier-ministre grec Alexis Tsipras et son ministre des Finances Yanis Varoufakis sont l'excuse parfaite. Leurs déclarations dissidentes ont trouvé un écho différent, sans précédent, auprès des leaders politiques de la zone euro. Alors qu'ils s'étaient acheté un peu de temps en juin, ils ne se sont pas rapprochés d'un accord ces derniers jours et semaines. Les visions sont très divergentes et les deux parties campent (pour l'instant ?) sur leurs positions. Le scénario d'une crise autour du dossier grec à l'aube des vacances d'été ne peut certainement pas être exclu. Démêler l'écheveauPour autant, devrions-nous commencer à liquider nos positions en actions ? Pas forcément. Jusqu'ici, nous avons toujours affirmé que ce repli, que nous attendions, ne serait qu'une correction saine et temporaire, et non un renversement de tendance structurelle. Soyons clairs, cependant : tant que l'écheveau grec n'est pas démêlé, les Bourses européennes ne pourront plus reprendre la tendance haussière du début de cette année.A cela s'ajoute la contre-réaction des marchés obligataires. Pendant plusieurs mois et années, nous avons assisté à une spectaculaire baisse des taux, forcée notamment par une politique monétaire extrêmement souple des banques centrales. Ces dernières semaines cependant, en Europe, les taux ont pris une orientation haussière, ce qui n'est pas non plus particulièrement positif pour les Bourses européennes. Même si cette hausse des taux est moins dramatique qu'à première vue, dans la mesure où elle résulte d'une amélioration de la conjoncture dans la zone euro et d'une révision à la hausse des attentes en matière d'inflation. Le risque de déflation est écarté, ce qui est également une bonne chose pour les investisseurs en actions.En résumé, nous appelons les investisseurs à la vigilance, plus encore qu'il y a quelques semaines. La hausse ne semble plus aussi évidente. Il est probable que nous pataugions encore quelque temps. Se jeter à présent aveuglément sur les marchés boursiers ne nous semble pas être une bonne idée. Liquider massivement ses actions ne l'est pas davantage d'ailleurs. Dans notre rubrique Options, nous examinons plusieurs stratégies consistant à protéger temporairement notre portefeuille d'actions. Une prime d'assurance, en quelque sorte, qui sortirait tous ses effets dans l'hypothèse où le dossier grec finissait bel et bien par enflammer les marchés. La prochaine fois, nous nous demanderons si l'or ou les métaux précieux peuvent jouer un rôle (défensif) dans ce cadre.