Club Méditerranée est sans doute l'entreprise de loisirs (anciennement) cotée en Bourse la plus connue chez nous, mais elle ne fait pas partie de notre trio... L'action du même nom a en effet été retirée de la Bourse il y a quelques années par des investisseurs chinois (Fosun Property Holdings). Le Club Med a été créé en 1957 par le Belge Gérard Blitz, un champion de water-polo. Ce n'est d'ailleurs pas le seul exploitant de parcs de vacances ou d'attractions d'origine belge à s'être retrouvé entre des mains étrangères. En réalité, presque tous les parcs belges ont été vendus à des actionnaires étrangers.
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Club Méditerranée est sans doute l'entreprise de loisirs (anciennement) cotée en Bourse la plus connue chez nous, mais elle ne fait pas partie de notre trio... L'action du même nom a en effet été retirée de la Bourse il y a quelques années par des investisseurs chinois (Fosun Property Holdings). Le Club Med a été créé en 1957 par le Belge Gérard Blitz, un champion de water-polo. Ce n'est d'ailleurs pas le seul exploitant de parcs de vacances ou d'attractions d'origine belge à s'être retrouvé entre des mains étrangères. En réalité, presque tous les parcs belges ont été vendus à des actionnaires étrangers. Notre fierté à tous, Bobbejaanland, a été fondée par le célèbre chanteur flamand Bobbejaan Schoepen. En 2004, il a été racheté par le groupe de parcs d'attractions espagnol Parques Reunidos Servicios Centrales SA. Un groupe espagnol ? Oui et non. En janvier 2007, l'exploitant de parcs a été repris par la société d'investissement Candover. Bobbejaanland s'est ainsi retrouvé sous pavillon britannique. Mais la direction est toujours espagnole. Parques Reunidos est aujourd'hui la propriété d'Arle Capital Partners, une société établie à Londres, et du Groupe Bruxelles Lambert (GBL) belge, pour lequel Colin Hall siège au conseil d'administration. Au début de cette année, GBL a déboursé 200 millions d'euros pour 15% des actions de Parques. On le sait, notre Albert Frère national, grand patron de GBL, choisit toujours ses participations avec soin. Et les groupes de loisirs constituent manifestement une cible idéale pour de telles sociétés de participation. Parques Reunidos et Club Med ne sont en effet pas les seules entreprises du secteur dans lesquelles des groupes d'investisseurs possèdent des participations. DB Capital Partners est en effet entré dans le capital de Pierre et Vacances -peut-être moins connu chez nous, mais la dénomination Groupe Pierre & Vacances Center Parcs Andromeda vous rappelle sans doute quelque chose. Le groupe français est en effet propriétaire de Center Parcs depuis 2001. Six ans plus tard, il a également acquis Sunparks. Une autre entreprise belge du segment des vacances a ainsi disparu entre des mains étrangères. La Compagnie des Alpes est aussi une entreprise française. L'entreprise a été fondée en 1989 pour exploiter des remontées mécaniques. En 2000, elle a décidé d'étendre ses activités aux parcs de loisirs. Ses premières proies ont été des (petits) parcs d'attractions français, dont le Parc Astérix. Des parcs allemands, suisses, néerlandais et finalement belges ont suivi, d'abord Bellewaerde et peu après Walibi et Aqualibi. La Belgique a ainsi à peu près vendu tout ce qu'elle possédait dans ce secteur. " Heureusement ", il nous reste encore Plopsaland, l'ancien Meli à La Panne. Cette année, Pierre et Vacances a connu un premier semestre difficile. Fondamentalement, ce n'est pas anormal pour un groupe très exposé aux effets saisonniers. Mais une foule de produits et charges particuliers ont pesé sur les comptes. Les résultats ont ainsi plongé largement dans le rouge ces six derniers mois (perte de près de 117 millions d'euros). En cause : la construction des Villages Nature, quia engendré pour 10 millions d'euros de charges supplémentaires. La division " Immo " a ainsi essuyé une perte de 13,5 millions d'euros. Pourtant, cette division est traditionnellement bénéficiaire au premier semestre. Et le glissement des vacances de printemps en France (de mars à avril), qui a causé un manque à gagner de 8 millions d'euros. Des frais de restructuration non récurrents et les surcroîts de dépenses liés à l'anniversaire du groupe (50 ans) ont également pesé quelques millions d'euros. Abstraction faite de ces éléments, la croissance de l'entreprise est intacte. La direction prévoit une hausse à deux chiffres du bénéfice opérationnel actuel _ hors effets négatifs du glissement des vacances scolaires et sans les frais liés aux Villages Nature. Nous restons positifs pour le deuxième semestre et tablons sur une croissance du bénéfice en 2018. Surtout si le développement des activités en Chine reste aussi prometteur à moyen terme. Le cours de l'action est à nouveau enfermé dans une tendance positive depuis le début de cette année. Parques Reunidos Servicios Centrales SA possède plus de 60 parcs, situés dans plusieurs pays européens, mais aussi aux États-Unis, en Argentine, au Moyen-Orient et en Asie. Elle poursuit son expansion internationale, avec notamment la signature d'un accord stratégique avec Harves Century Group pour le développement de parcs thématiques et de sites de divertissement indoor en Chine. Le portefeuille comprend des parcs de loisirs, marins, aquatiques, animaliers, ainsi que des téléphériques. Avec ces derniers, Parques Reunidos grignote ainsi le terrain de chasse de Pierre et Vacances. Parques opère sous les marques Marineland, Bo Sommarland, Faunia, Aqualud, Miami Seaquarium, Warner, Grant Leisure, Hawaii, Movie Park, Palac Group (FECs) et Nederlandse Wonderland, entre autres. La capitalisation boursière du groupe est presque trois fois plus élevée que celle de Pierre et Vacances.La Compagnie des Alpes fait négocier ses actions sur la Bourse de Paris. Sa capitalisation boursière, de 700 millions d'euros, est légèrement supérieure à celle de Pierre et Vacances, mais correspond à la moitié de celle de Parques Reunidos. L'entreprise est active dans l'exploitation et l'entretien de domaines skiables ainsi que dans les parcs d'attractions et de loisirs. Les domaines skiables concernés se situent surtout dans les Alpes françaises, italiennes et suisses. La Compagnie est numéro 1 mondial dans ce segment. Et elle souhaite elle aussi sortir d'Europe. En Russie, elle a élaboré le "master plan" de trois domaines skiables et d'un parc d'attractions à Moscou. Elle collabore également avec les autorités chinoises pour la première saison de Thaiwoo. Au Japon enfin, elle a conclu un partenariat stratégique avec le groupe Mac Earth.Avec 14 parcs et près de 9 millions de visiteurs par an, la Compagnie est numéro 4 en Europe. Logique, dès lors, qu'on évoque de plus en plus un intérêt chinois. Après plusieurs années difficiles, notamment en raison de l'environnement déflationniste en Europe et des périodes de faible enneigement, la groupe a récemment amorcé un redressement et les marges sont à nouveau en hausse.