La hausse des Bourses s'est amorcée il y a plus de cinq ans. Cela signifie qu'il est de plus en plus difficile de trouver des actions à la traîne du marché, tant en termes de valorisation que de rendement. Les investisseurs commencent dès lors à se tourner vers des placements défensifs.
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La hausse des Bourses s'est amorcée il y a plus de cinq ans. Cela signifie qu'il est de plus en plus difficile de trouver des actions à la traîne du marché, tant en termes de valorisation que de rendement. Les investisseurs commencent dès lors à se tourner vers des placements défensifs. Les télécoms répondent à plusieurs critères propres aux secteurs défensifs. Ainsi, les valorisations sont inférieures à la moyenne du marché, alors que le rendement de dividende est nettement plus élevé. Fondamentalement, les télécommunications sont pourtant un secteur de croissance en raison de la hausse rapide du trafic de communications mobile et de la percée d'applications comme le transfert de données sans fil et le streaming vidéo. Mais la croissance provient surtout des marchés émergents, bien qu'il subsiste un fort potentiel dans les pays industrialisés. Ainsi la pénétration de la connexion Internet à haut débit est-elle encore assez faible aux Etats-Unis.Mouvement de consolidationReste que les chiffres d'affaires des grands opérateurs de télécoms ne progressent guère depuis cinq ans. En cause : les organes de régulation qui obligent les opérateurs à réduire le prix de leurs services. Simultanément, on attend des entreprises de télécommunications qu'elles continuent à investir dans la performance, la vitesse et la fiabilité de leurs réseaux. Une baisse des revenus associée à des investissements élevés pèse inévitablement sur la rentabilité. Les entreprises de télécoms continuent cependant à générer d'importants cash-flows, qui placent les managements devant un dilemme : faut-il les réinvestir ou les utiliser pour rémunérer les actionnaires ? Un exercice d'équilibriste toujours difficile, qui oppose la satisfaction des investisseurs à court terme aux nouveaux investissements à plus long terme.La consolidation du secteur, dans le cadre de laquelle plusieurs fournisseurs de télécommunications s'associeraient, serait une bonne solution pour alléger la charge financière des lourds investissements à venir. Ce mouvement est d'ailleurs déjà en cours, et Liberty Global, Vodafone, Telefonica et AT&T se montrent notamment très actifs. Les investisseurs institutionnels misent sur le fait que ce mouvement va se poursuivre encore un temps. C'est également l'opinion de Mikhail Fridman, oligarque et patron du holding russe Alfa-Group. Ce groupe d'investissement cherche une affectation aux 14 milliards USD dégagés par la vente de sa participation dans le géant pétrolier TNK-BP. Fridman s'intéresse de près à un secteur européen des télécommunications particulièrement morcelé. Il a ainsi annoncé qu'il voulait suivre l'exemple du milliardaire mexicain Carlos Slim, lequel a déjà acquis des participations dans le groupe néerlandais de KPN et dans Telekom Austria. Les événements pourraient donc se précipiter dans l'industrie des télécoms, ce qui offrira sans nul doute des opportunités pour les investisseurs.Dans ce premier volet, nous nous intéressons à une série de trackers qui permettent un investissement diversifié dans l'industrie des télécoms. Dans le prochain numéro, nous aborderons une série de scénarios basés sur des produits à levier sur des indices et actions individuelles.Vanguard Telecommunication Services ETF (VOX)Ce tracker a été lancé en septembre 2004 sur le NYSE (ticker : VOX). En termes d'actifs gérés, c'est le plus grand dans sa catégorie avec 720 millions USD. VOX est principalement orientée sur le continent américain, même si les groupes américains de télécoms détiennent bien entendu des participations en dehors de leur marché domestique. L'indice sous-jacent est le MSCI US IMI Telecom Services Index. Il est composé de 31 actions, dont le top 10 pèse près de trois quarts de la valeur totale de l'indice. VOX est suffisamment liquide avec un volume journalier moyen de près de 53.000 titres. Il affiche une hausse de 3,3% depuis le début de l'année. Le tracker se fait également remarquer par des frais de gestion particulièrement bas d'à peine 0,14% sur base annuelle. Ces coûts bas sont typiques de tous les trackers émis par Vanguard. Le rendement de dividende moyen des actions de l'indice s'élève à 3,28%.iShares Global Telecom ETF (IXP)Ce tracker émis par BlackRock présente une plus grande diversification géographique que VOX. Les Etats-Unis et l'Europe prennent chacun environ un tiers de l'indice à leur compte. Ils sont suivis par le Japon, le Canada, l'Australie, la Chineet et le Mexique. Le tracker est coté sur le NYSE (ticker IXP) depuis novembre 2001. L'indice sous-jacent est le S&P Global 1200 Telecommunications Sector Index, qui compte 32 membres. Les plus grandes participations sont AT&T, Verizon, Vodafone, Softbank et Telefonica. IXP affiche un rendement de dividende de 3,41% et les frais de gestion annuels s'élèvent à 0,48%. IXP a près de 500 millions USD sous gestion et le volume de transaction journalier moyen se monte à 27.000 parts. Le tracker affiche un rendement positif de 1,75% depuis le début de l'année. iShares US Telecom ETF (IYZ)Comme VOX, ce tracker également émis par BlackRock se concentre sur les Etats-Unis. Les frais de gestion annuels sont nettement plus élevés : avec 0,48%, il se situe au même niveau qu'IXP. L'iShares US Telecom ETF a 630 millions USD sous gestion et est coté sur le NYSE (ticker : IYZ) depuis mai 2000. Pas de problème non plus en matière de liquidités avec un volume journalier moyen de près de 330.000 titres. La valeur sous-jacente est le Dow Jones US Select Telecom Index, qui compte actuellement 24 entreprises. Le rendement de dividende s'élève à 2,73%.