L'année 2017 joue les prolongations à Wall Street et en Europe. La progression semble impossible à arrêter. La Bourse américaine tire encore pleinement profit de l'abaissement (sensible), approuvé fin de l'an dernier, de l'impôt des sociétés outre-Atlantique. Jusqu'ici le principal fait d'arme de Donald Trump à la Maison-Blanche, cette mesure représente un bonus substantiel pour les entreprises cotées en Bourse, mais aussi et surtout pour celles qui avaient parqué des milliards de liquidités en dehors des Etats-Unis.
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L'année 2017 joue les prolongations à Wall Street et en Europe. La progression semble impossible à arrêter. La Bourse américaine tire encore pleinement profit de l'abaissement (sensible), approuvé fin de l'an dernier, de l'impôt des sociétés outre-Atlantique. Jusqu'ici le principal fait d'arme de Donald Trump à la Maison-Blanche, cette mesure représente un bonus substantiel pour les entreprises cotées en Bourse, mais aussi et surtout pour celles qui avaient parqué des milliards de liquidités en dehors des Etats-Unis.Le second " bonus " pour Wall Street, qui s'impose depuis une année environ, reste l'affaiblissement du billet vert face aux autres grandes devises mondiales, en particulier le yuan chinois (renminbi) et l'euro. Cet élément est évidemment aussi un handicap pour les marchés boursiers européens et la principale raison pour laquelle l'indice de la zone a une nouvelle fois nettement moins bien progressé l'an dernier que l'indice américain. Ce handicap est cependant compensé en ce début d'année par les perspectives économiques pour 2018, les meilleures de la dernière décennie, et par l'accélération des activités de fusion et d'acquisition. Il suffit, pour se convaincre de ce dernier point, d'observer ce qui se passe sur Euronext Bruxelles: trois offres de reprise (TiGenix, Ablynx et Vastned Retail Belgium) ont été annoncées au cours des dix premières séances boursières; c'est autant, voire plus, qu'au cours d'une année moyenne à Bruxelles.Peu de nuages encombrent actuellement le ciel boursier. On nous demande pourtant régulièrement quels pourraient être les signes avant-coureurs d'un repli des marchés.Ce qui étonne ces derniers jours, et va à contre-courant de ce que nous avons vécu en 2017, c'est la hausse des taux. Ainsi le taux allemand à dix ans a-t-il été multiplié par deux (de 0,3 à 0,6%) en l'espace de quelques semaines à peine. En termes absolus, ce chiffre paraît faible, mais il faut voir dans cette évolution l'expression, par les marchés obligataires, de leur conviction que le programme de rachats massifs en zone euro sera abandonné fin septembre et que ce n'est plus qu'une question de mois avant que l'afflux de liquidités organisé par les banques centrales se tarisse.Les économistes ne sont pas unanimes au sujet de l'impact qu'aura la mesure sur les marchés financiers. Quoi qu'il en soit, il s'agira là d'un thème important cette année pour les marchés. L'attention des investisseurs devra dès lors se porter davantage sur les chiffres de l'inflation que sur les indicateurs de croissance et de chômage. Soyez par conséquent très attentif à l'évolution des taux en 2018. Le constat selon lequel la longue tendance baissière est rompue pourrait provoquer une certaine nervosité chez les investisseurs - n'oublions pas que la faiblesse des taux a contribué à soutenir l'évolution à la hausse de nombreux actifs (actions, obligations, immobilier, art, ancêtres, etc.).