Le marché international du sucre est à nouveau en pleine tourmente. Après plusieurs années de récoltes favorables, les réserves représentent aujourd'hui à peu près une demi-année de consommation et le cours du sucre est à son plus bas depuis 43 mois (plus de 3,5 ans) autour de 15 centimes la livre (environ un demi-kilo). Début 2011, on enregistrait encore des pics à 35 centimes la livre. Si le marché mondial est dominé par l'Inde et le Brésil, le marché européen du sucre reste très spécifique et encore largement protégé. Pourtant, l'influence du marché mondial se fait de plus en plus sentir depuis la réforme en profondeur de la politique européenne en matière (d'aide aux producteurs) de sucre entrep...

Le marché international du sucre est à nouveau en pleine tourmente. Après plusieurs années de récoltes favorables, les réserves représentent aujourd'hui à peu près une demi-année de consommation et le cours du sucre est à son plus bas depuis 43 mois (plus de 3,5 ans) autour de 15 centimes la livre (environ un demi-kilo). Début 2011, on enregistrait encore des pics à 35 centimes la livre. Si le marché mondial est dominé par l'Inde et le Brésil, le marché européen du sucre reste très spécifique et encore largement protégé. Pourtant, l'influence du marché mondial se fait de plus en plus sentir depuis la réforme en profondeur de la politique européenne en matière (d'aide aux producteurs) de sucre entreprise il y a quelques années. Certes, cette politique reste centrée sur les quotas. Mais parallèlement, la Commission européenne décide des importations et exportations en dehors de ces quotas tard chaque saison.Entre les mains de 30.000 producteurs de betteravesPremier producteur de sucre en Europe, Suedzucker (Südzucker en allemand) sait depuis longtemps que le cours du sucre connaît des hauts et des bas. Le groupe, depuis toujours contrôlé par une coopérative de quelque 30.000 cultivateurs de betteraves sucrières, a donc décidé de diversifier ses activités au cours de la décennie passée : vers l'éthanol (par le biais de Crop Energies, sa filiale cotée en Bourse qui est un des leaders européens dans cette niche), les préparations à base de fruits (numéro 1 au monde), les concentrés de fruits (numéro 1 en Europe) et les spécialités (numéro 1 en Europe, notamment, dans les pizzas surgelées). Cette diversification est déjà très avancée en termes de chiffre d'affaires : au 3e trimestre de l'exercice 2013-2014 (clos le 31/3), le sucre ne prenait à son compte que 52% des ventes du groupe. Mais cette diversification l'est moins en termes de rentabilité. Lors de l'exercice 2012-2013 écoulé, le sucre apportait encore 710 des 974 millions EUR de bénéfice opérationnel (EBIT), soit 73%. Avec une marge d'EBIT de 16,8%, la production de sucre est nettement plus rentable que les fruits (préparations et concentré; marge d'EBIT de 4%) et les spécialités (marge d'EBIT de 7%). La diversification s'est donc opérée vers des activités présentant une rentabilité (plus) faible. La surproduction de sucre qui affecte les cours mondiaux et la diminution des exportations en dehors des quotas ont cependant un impact considérable sur le bénéfice du groupe. A la suite de la publication des résultats du 3e trimestre à la mi-janvier, la direction d'entreprise a répété qu'elle attendait un EBIT avoisinant les 650 millions EUR pour le groupe sur l'ensemble de l'exercice, soit un tiers de moins que durant l'exercice 2012-2013 passé. Dans cette optique, l'action devrait donc continuer à fluctuer (le cours a oscillé entre 8 et 34 EUR au cours de la décennie passée) au gré du cours du sucre. En mars de l'an dernier, elle se négociait encore à 34 EUR. Depuis, elle a perdu 45% de sa valeur.Conclusion :Jusqu'à nouvel ordre, Suedzucker n'est pas un investissement de long terme, ce qui rend le timing déterminant pour le rendement. Dans une perspective de plusieurs années, la valorisation est suffisamment attrayante : 11 fois le bénéfice (en nette baisse) attendu pour l'exercice 2013-2014; 1 fois la valeur comptable attendue; un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (EBITDA) de 6 et un rendement de dividende (brut) de 4,5%. D'où le relèvement de notre conseil. Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1C