Socfinaf et sa société-soeur, Socfinasia, sont aux mains du groupe Socfin, avec son actionnaire familial Fabri, et le groupe Bolloré; ces deux actions sont cotées à la petite Bourse de Luxembourg et pâtissent d'une liquidité (nombre de transactions journalières) très limitée. En outre, les analystes les suivent peu et la communication du groupe Socfin est insuffisante. Rien d'étonnant, donc, à ce que ces deux titres restent dans l'ombre des trois actions sectori...

Socfinaf et sa société-soeur, Socfinasia, sont aux mains du groupe Socfin, avec son actionnaire familial Fabri, et le groupe Bolloré; ces deux actions sont cotées à la petite Bourse de Luxembourg et pâtissent d'une liquidité (nombre de transactions journalières) très limitée. En outre, les analystes les suivent peu et la communication du groupe Socfin est insuffisante. Rien d'étonnant, donc, à ce que ces deux titres restent dans l'ombre des trois actions sectorielles que nous suivons activement: Sipef, Anglo Eastern Plantations (AEP) - dont nous nous sommes séparés en 2019, insatisfaits de la politique menée par la présidente Lim Siew Kim vis-à-vis des investisseurs particuliers - et MP Evans. Sur cinq ans, Sipef et AEP ont enregistré un repli proche de 10%, tandis que MP Evans a gagné 67,5%, principalement grâce à la tentative de rachat du malaisien KLK en 2016. En revanche, Socfinaf a reflué de 35,9% et Socfinasia de 21,1%. Même entre début 2016 et mi-2017, période faste pour l'huile de palme, le tableau est plutôt sombre pour Socfin: Socfinaf a gagné 24,7% et Socfinasia 21,9%, contre +95,3% pour MP Evans, +59,9% pour Sipef et +31,9% pour AEP. Le 30 juin 2019, Socfinaf détenait une participation de 100.762 hectares de plantations en Afrique (Cameroun et Côte d'Ivoire surtout), dont 38% d'hévéas et 62% de palmiers. Ces dernières années, l'entreprise a investi dans la modernisation et l'extension de ses plantations et s'est lourdement endettée (principalement via un financement de groupe). Grâce à ces investissements, Socfinaf affiche un bon profil de croissance pour la prochaine décennie. Mais c'est aussi le cas de Sipef, qui compte doubler sa production sur 10 ans. Bien que la valorisation de Socfinaf soit faible, avec une valeur d'entreprise d'environ 5.000 euros par hectare contre environ 7.500 euros pour Sipef, cette dernière, beaucoup plus transparente et liquide, emporte notre préférence. De plus, Socfinaf est nettement plus exposée au caoutchouc, peu rentable depuis des années. Nous ne pensons pas que Socfinaf comblera le retard par rapport ses pairs sur le long terme. Toutefois, nous croyons au positionnement concurrentiel de l'huile de palme sur le marché des huiles végétales. Les positions existantes dans Socfinaf (ou Socfinasia) peuvent par conséquent être conservées (rating 2B).