C'est pourtant le cas. Les chiffres sur l'évolution de l'emploi ont fait défaut vendredi dernier. Une donnée pourtant indispensable pour tout investisseur.
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C'est pourtant le cas. Les chiffres sur l'évolution de l'emploi ont fait défaut vendredi dernier. Une donnée pourtant indispensable pour tout investisseur.La nuisance était encore plus marquante pour les banques. Et ceci à plusieurs niveaux. Les banques craignent les répercussions d'un défaut possible du Trésor en fin de mois. Ce dernier doit en effet rembourser toute une série de certificats de trésorerie et régler le paiement d'intérêts pour un total de 30 milliards de dollars (USD). Ce montant ne représente pas grand-chose face à la dette publique de quelque 17.000 milliards, mais il perturbe les marchés et encore plus les taux d'intérêt.Un train de nouvelles directives bancaires doit entrer en vigueur dans les prochaines semaines. Des institutions fédérales spécialisées sont censées conduire ces instaurations. Mais ces dernières ne travaillent plus, de sorte que les banques ne savent plus à quel saint se vouer et n'osent plus entamer de nouvelles opérations. Elles manquent ainsi de nombreuses occasions.On a pu s'en apercevoir sur le marché des capitaux. L'activité de la semaine passée était l'une des moins importantes de l'année. Personne n'ose lancer de nouveaux emprunts et aucune banque ne s'avise à conseiller les gens dans ce domaine ou à donner ses perspectives en matière de taux d'intérêt. Le spread, l'écart entre le cours acheteur du vendeur, s'est élargi. La situation est franchement précaire.Les banques ont l'habitude de couvrir leurs opérations contre tout risque inopiné. Elles utilisent des produits dérivés à cet effet. Ces derniers se réfèrent essentiellement aux emprunts d'Etat ou, plus précisément, à leur taux d'intérêt. Si les emprunts d'Etat ne sont subitement plus négociables ou que les taux d'intérêt oscillent intempestivement, la valorisation des couvertures devient chose impossible. Les banques ne sont donc plus à même de transférer les risques sur autrui.Les emprunts d'Etat servent aussi de gage aux opérations financières. Mais si la valeur même du gage perd toute fiabilité, les banques seront contraintes de trouver d'autres titres en guise de gage. Or le marché souffre déjà d'un manque croissant de titres dignes de foi. L'impasse budgétaire nous démontre de façon exemplaire l'interconnexion entre le monde bancaire et l'Etat. Si l'un d'eux s'écroule, il entraîne automatiquement l'autre.Il y a fort à parier que les banques se démèneront durant toute la semaine pour persuader les parlementaires de trouver une solution. Le plafond de la dette devra coûte que coûte être relevé. Son financement ne posera pas de problème tant que le robinet de l'argent restera grand ouvert auprès de la banque centrale.Le dollar a de plus été victime de l'anxiété des opérateurs sur le marché des changes. Il a cédé pas mal de terrain mais a réussi à en récupérer une partie en fin de semaine. Il a perdu 0,4% par rapport à l'euro (EUR). Les devises à haut rendement ont profité de la situation. Le réal brésilien (BRL) s'est raffermi de 2,2%, le rand sud-africain (ZAR) de 1%. Même la lire turque (TRY) a bondi de 1,5% en avant. Les mouvements étaient brutaux, dénotant leur caractère spéculatif.La situation était particulièrement confuse sur le marché obligataire. L'activité s'y est fortement tassée et les mouvements des cotations sont restés modestes. Au niveau européen, on notait la progression des émetteurs souverains périphériques au détriment des autres. Les titres allemands ont perdu jusqu'à 2% en moyenne, les néerlandais jusqu'à 4%, alors que les titres souverains portugais progressaient de 2,8%, les italiens de 2,4% et les espagnols de 1,75%. Les banques semblent manifestement préférer les titres nationaux aux étrangers. La raison est simple : si l'Union s'effondrait et que les devises nationales étaient réintroduites, les banques ne subiraient aucune perte de change sur les titres nationaux qu'elles posséderaient.L'activité sur le marché primaire est fortement retombée. Nombre d'émissions sont restées dans les cartons. Les émetteurs ont reporté leurs road shows, ces rencontres avec les investisseurs potentiels pour présenter leur emprunt. Les émissions de la semaine ont toutes été lancées avant l'annonce de l'impasse budgétaire. La KBC (A-) s'adresse aux petits porteurs via sa filiale financière. Comme à son habitude, le montant des émissions dépendra de leur succès auprès des investisseurs. L'émission en couronne norvégienne (NOK) est la seule convenable. L'autre, en dollar australien (AUD), est trop chère. Vous trouverez sans difficulté mieux sur le marché secondaire, comme cette National Australia Bank (AA, alt.1) qui lui est qualitativement supérieure. L'émission à 8 ans en EUR fait partie des indexées. Son coupon est en effet lié à l'indice HICPxT (Harmonised Index of Consumer Prices ex Tobacco), un indice des prix à la consommation au niveau de la zone euro. L'évolution de l'index est toutefois plafonnée à 4%, de sorte que le coupon ne pourra jamais dépasser 4,7%. L'émission permet de jouer sur une accélération du taux d'inflation au niveau de la zone euro.La Commonwealth Bank of Australia (AA-) propose un rendement de 4,98% avec son émission à 5 ans en dollar néo-zélandais (NZD). Ce qui est plutôt chiche. Un emprunt de qualité supérieure à 5 ans en NZD doit rapporter plus de 5%. Nous proposons plutôt Rabobank (AA-, alt.2), de qualité similaire, qui garde l'avantage tant que frais et différence de prix ne dépassent pas 1%. Les trois émissions en TRY sont trop chères, malgré le redressement de ce segment du marché. Préférez un emprunt sur le marché secondaire comme ceux mentionnés dans le tableau. La nouvelle tranche de la BEI (AAA, supranationale) en ZAR est, en revanche, très attrayante. La tranche existante se négocie actuellement à 106,76% (7,39%) sur le marché secondaire. Elle ne s'adresse cependant qu'aux investisseurs aguerris.