Sanofi (75,6 EUR; NYSE Euronext Paris, ticker : SAN; capitalisation boursière : 102 milliards EUR; code ISIN : FR0000120578) est sans doute le géant de l'industrie pharmaceutique qui a le plus souffert dernièrement du fameux "patent cliff" (la perte de la protection offerte par les brevets sur des médicaments importants). à la suite de la fusion de Sanofi et Aventis à la fin des années 90, le groupe pharma français a fait son entrée parmi les cinq plus grands acteurs du secteur de la santé avec un chiffre d'affaires (CA) annuel d'un peu moins de 35 milliards EUR en 2012. Mais ces cinq dernières années, Sanofi a notamment vu expirer ses brevets sur plusieurs blockbusters (médicaments dont les ventes annuelles dépassent 1 milliard USD) comme le Lovenox (contre les caillots s...

Sanofi (75,6 EUR; NYSE Euronext Paris, ticker : SAN; capitalisation boursière : 102 milliards EUR; code ISIN : FR0000120578) est sans doute le géant de l'industrie pharmaceutique qui a le plus souffert dernièrement du fameux "patent cliff" (la perte de la protection offerte par les brevets sur des médicaments importants). à la suite de la fusion de Sanofi et Aventis à la fin des années 90, le groupe pharma français a fait son entrée parmi les cinq plus grands acteurs du secteur de la santé avec un chiffre d'affaires (CA) annuel d'un peu moins de 35 milliards EUR en 2012. Mais ces cinq dernières années, Sanofi a notamment vu expirer ses brevets sur plusieurs blockbusters (médicaments dont les ventes annuelles dépassent 1 milliard USD) comme le Lovenox (contre les caillots sanguins), le Taxotere (cancer), l'Avapro (hypertension) et le Plavix (anticoagulant). Au total, le manque à gagner consécutif à l'expiration des brevets se monte à 5 milliards EUR ces cinq dernières années. Christopher Viehbacher a pris en main les destinées du groupe (CEO) en 2008, au moment où le géant pharma français arrivait au bord du patent cliff. Auparavant, ce Germano-Canadien avait travaillé pendant 20 ans pour un autre géant du secteur, GlaxoSmithKline, dont 10 ans en France. Quadragénaire, il s'est vu confier la mission énorme de renouer avec la croissance malgré l'expiration des brevets. Pour cela, Viehbacher a créé 7 plateformes de croissance ces dernières années. La diversification était impérative pour limiter la volatilité du CA et du bénéfice induite par les caprices du marché des médicaments (vedettes). La première plateforme de croissance est Emerging Markets. Avec 32% du CA du groupe en provenance des pays émergents, Sanofi est le grand groupe pharma le plus avancé dans ce domaine. Un autre pôle de croissance intéressant est Diabetes, avec le produit vedette du groupe actuellement, Lantus (2,75 milliards EUR de CA au 1er semestre 2013). Les Vaccins sont un domaine dans lequel Sanofi Pasteur jouit d'une réputation mondiale. Le dernier grand projet du groupe dans ce segment consiste à développer le premier vaccin au monde contre la dengue (également appelée fièvre rouge), une maladie virale transmise par les moustiques. Sanofi dispose déjà d'une division Consumer Health Care bien développée, un segment dans lequel le groupe occupe la troisième position mondiale. Un autre pôle de croissance typique du géant de l'industrie actuellement est l'Animal Health Care (médecine vétérinaire). La sixième grande plateforme de croissance est plus spécifique à Sanofi : " New Genzyme ". Début 2011, Sanofi a racheté l'entreprise biotech américaine Genzyme, un spécialiste des maladies rares, pour 20 milliards USD. Genzyme doit d'abord aider à amortir l'impact négatif du patent cliff sur les ventes, puis contribuer à la croissance du CA. Avec l'Aubagio (contre la sclérose en plaque (SM)), un nouveau médicament du pipeline Genzyme a en tout cas été mis sur le marché très récemment. La septième et dernière plateforme de croissance est constituée de la division "résiduelle" (" Autres produits innovants "). Elle contribuait déjà aux 2/3 (67,4%) du CA du groupe à la fin de l'an dernier et sa part doit atteindre 80% d'ici 2015. Sanofi veut ainsi enregistrer une croissance annuelle du CA de 5% à partir de 2014 alors que le bénéfice par action doit progresser d'au moins 5% après le plancher de cette année. à un rapport cours/bénéfice attendu de 13,5 et un ratio valeur d'entreprise (ev)/cash-flow opérationnel (ebitda) de 9, la valorisation de Sanofi reste tendue. Mais l'action a perdu plus de 10%, notamment en raison de résultats semestriels assez décevants, et le bénéfice doit atteindre un plancher cette année. Le groupe pharma français est prêt pour une nouvelle phase de croissance. Nous relevons l'avis à " digne d'achat " (1B) et plaçons une limite d'achat pour le portefeuille-modèle.