L'année 2020 est catastrophique pour les exploitants de cinémas. Si le confinement décrété pour endiguer la pandémie de Covid-19 a affecté la plupart des secteurs et entreprises, les acteurs du divertissement en général, et du cinéma en particulier, n'ont depuis pas pu revenir à la normale. Selon les pays, les cinémas ont été autorisés à rouvrir à partir de juin, mais à un tiers de leur capacité seulement.
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L'année 2020 est catastrophique pour les exploitants de cinémas. Si le confinement décrété pour endiguer la pandémie de Covid-19 a affecté la plupart des secteurs et entreprises, les acteurs du divertissement en général, et du cinéma en particulier, n'ont depuis pas pu revenir à la normale. Selon les pays, les cinémas ont été autorisés à rouvrir à partir de juin, mais à un tiers de leur capacité seulement.Cette jauge a un impact limité la semaine, où le taux de fréquentation est toujours faible, mais est un réel handicap le week-end, où les salles sont généralement combles. De plus, l'obligation de porter un masque entrave sérieusement la vente de sodas et de pop-corn, générateurs de marge. Les visiteurs sont donc moins nombreux qu'avant la crise, et ils consomment moins. Par ailleurs, vu la fréquentation réduite des salles, les producteurs de films reportent le lancement de leurs superproductions tant qu'un vaccin n'est pas disponible. Cet été, le secteur a déjà vu ses revenus amputés lorsque Disney a décidé de diffuser la potentielle superproduction Mulan directement sur sa plateforme de streaming Disney+. Ces derniers temps, la seule superproduction diffusée en salle a été le film d'action Tenet, qui n'a remporté qu'un succès mitigé. Une nouvelle onde de choc a traversé le secteur la semaine dernière, lorsque le studio Universal a décidé de reporter une nouvelle fois de six mois Mourir peut attendre, le 25e James Bond et dernier mettant en scène Daniel Craig dans le rôle de 007, à avril 2021. Quant au géant du cinéma CineWorld, lourdement endetté, il a décidé de fermer ses salles de nouveau aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Heureusement, les deux sociétés belges qui entretiennent un lien étroit avec le secteur du cinéma ne sont, pour l'heure, pas en difficulté financière. Bien que la division Entertainment de Barco (murs d'écrans LED et cinéma numérique) ait été sévèrement affectée et que son pôle Entreprise (les salles de contrôle et le populaire outil de réunion ClickShare) ait également vu ses commandes diminuer considérablement, Barco dispose d'une trésorerie nette et d'une division Healthcare qui profite de l'accent mis sur les soins de santé. Son action, qui est à moins de la moitié de son sommet, sera à surveiller en 2021.Kinepolis a souffert davantage. Le groupe disposait de 143,4 millions d'euros en espèces au 30 juin, ou 52,1 millions de moins que fin février. L'augmentation de son ratio d'endettement à 5,04 fois l'Ebitdal (cash-flow opérationnel avant engagements de leasing) n'est pas un contexte idéal pour affronter cette situation de crise mais, heureusement, la grande majorité des complexes lui appartiennent et la prochaine échéance importante pour le remboursement de sa dette n'arrive qu'en 2022. Pas de panique pour l'instant, donc. Nous continuerons de suivre de près ces sociétés. Elles intégreront peut-être le portefeuille modèle à l'horizon 2021.