Les marchés boursiers ont traversé une brève zone de turbulences au début du mois de février. Le 5, l'indice Dow Jones a même plongé de plus de 1.000 points, soit une perte de 4,6% sur la journée. Les Bourses ont continué à s'enfoncer dans le rouge cette semaine-là. Au cours de la semaine suivante par contre, la quasi intégralité des séances se sont achevées sur des gains substantiels. Si la correction ne nous a pas étonnés, son intensité, voire sa brutalité, invitent à la réflexion.
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Les marchés boursiers ont traversé une brève zone de turbulences au début du mois de février. Le 5, l'indice Dow Jones a même plongé de plus de 1.000 points, soit une perte de 4,6% sur la journée. Les Bourses ont continué à s'enfoncer dans le rouge cette semaine-là. Au cours de la semaine suivante par contre, la quasi intégralité des séances se sont achevées sur des gains substantiels. Si la correction ne nous a pas étonnés, son intensité, voire sa brutalité, invitent à la réflexion.Nous persistons à penser qu'il s'agissait là d'un premier avertissement, pas encore de l'amorce d'un krach boursier généralisé. Les prochaines semaines pourraient demeurer agitées mais à relativement court terme, nous restons convaincus que les marchés boursiers occidentaux reprendront une orientation haussière. Un repli intermédiaire s'imposait, en particulier pour Wall Street. Ceci étant, le tableau fondamental est trop favorable pour ne pas anticiper de nouveaux records. A notre avis, l'indice Standard & Poor's 500 restera orienté vers les 3.000 points en 2018 - ce qui suppose que la Bourse américaine recèle un potentiel d'appréciation de 10 à 15% encore cette année. Le principal obstacle à ce scénario serait que les taux poursuivent sur leur lancée du début d'année; nous nous empressons toutefois de préciser que la situation deviendra de plus en plus dangereuse au fil des mois et que nous anticipons aussi la correction la plus sensible - ou à tout le moins, son amorce - de ces dernières années.L'évolution des Bourses européennes devrait être comparable; nous pronostiquons une hausse de 10%, qui ramènerait les indices EuroStoxx 50 et Stoxx 600 à leurs niveaux les plus élevés de ces cinq dernières années. Concrètement, cela signifierait que le premier s'orienterait vers les 3.800 points et le second, vers les 400 - 420 points, un niveau qu'il avait d'ailleurs atteint dès 2000.Ces deux sommets avaient été franchis au printemps 2015 également. Les cinq dernières années sont la seule période au cours de laquelle les Bourses européennes sont parvenues à surclasser leurs homologues américaines plusieurs mois durant. Contrairement à ce qu'affirment généralement les stratégistes, les marchés européens n'ont jamais réussi à suivre, et moins encore à battre, Wall Street par ailleurs.D'après les spécialistes, les marchés européens rattraperont cette année une partie de leur retard par rapport aux places américaines. A la fin de l'an dernier, nous étions de leur avis; nous penchons désormais plutôt pour la thèse d'une évolution comparable. Notre retard par rapport à Wall Street s'explique par la cruelle absence de champions européens de la croissance. Ce sont en effet des valeurs comme les FAANG (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Alphabet) qui ont soutenu les indices américains, pas Pfizer, Wal-Mart, Procter & Gamble ou autre General Electric. Nous n'avons pas, ou peu, de valeurs de croissance aussi lourdes en Europe, et la donne n'est pas près de changer.